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légèrement ; cependant il choisit, et il a ses élus qu'il créera choisis ».
La vocation d'une âme devient également pour Dieu comme la règle de conduite à son égard. Il donne les lumières, les inspirations et les grâces en harmonie avec ses choix divins. Dieu nous le dit par le prophète Isaïe : « C'est moi qui lui parle, c’est moi qui l’appelle, qui le conduis, et ses voies sont aplanies » (xlviii, i5). Et le grand Apôtre nous donne comme un commentaire de cette lumineuse vérité, quand il écrit : « Ceux que Dieu a prédestinés, il les a appelés; ceux qu’il a appelés, il les a justifiés; ceux qu’il a justifiés, il les a glorifiés » (Rom., vin, 3o).
Comme il est souverainement important, dès lors, de connaître d’abord sa vocation, et, une fois connue, de la suivre ! C’est la grande recommandation que faisait saint Paul aux Corinthiens : «Voyez, examinez votre vocation» (I Cor., ï, 26). Et aux Thessaloniciens : « Connaissez, frères aimés de Dieu, votre élection » (I Thess., 1, 4).
Pour nous y encourager, saint Augustin nous dit que le secours divin ne nous fera pas défaut : « Dieu nous prévient pour nous appeler ; et il nous accompagne pour nous glorifier ». Et ailleurs, plus explicitement encore : « Dieu ne manque pas d’appeler, d’instruire celui qu’il a
appelé, de perfectionner celui qu’il a instruit, et de couronner celui qu’il a perfectionné ».
Le premier devoir qui s’impose, c’est de vouloir connaître la vocation à laquelle on peut être appelé. Dieu attend cette disposition de notre part, pour nous donner les grâces voulues de lumière et de force. Saint Jean Chrysostome dit à bon droit : « Quoique Dieu nous appelle, il attend cependant que nous allions à lui volontairement, et il nous donne son secours pour cela».
L’âme doit tout d’abord s’établir dans une grande indifférence, recherchant uniquement l’accomplissement de la volonté de Dieu, selon la sage recommandation que saint François de Sales faisait à l’une de ses dirigées : « Soyons ce que Dieu veut, pourvu que nous lui soyons tout dévoués, et ne soyons pas ce que nous voulons être contre son intention ; car quand nous serions les plus excellentes créatures du ciel, de quoi cela nous servirait-il, si nous ne sommes pas au gré de la volonté de Dieu ».
C’est dans la prière que l’on doit traiter la grande affaire de sa vocation, en suppliant le Seigneur de nous faire connaître sa volonté, à l’exemple des apôtres réunis au Cénacle pour élire un successeur au traître Judas. « Seigneur, s’écriaient-ils, vous qui connaissez les cœurs de
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tous, montrez-nous lequel des deux vous avez choisi » (Act., i, 24).
Le salut éternel dépendant de la fidélité à la vocation, rien ne doit être négligé, une fois qu’elle est connue, pour y correspondre avec générosité. « Ne suivez que la vocation que la Providence céleste vous a donnée, écrit saint François de Sales, et n’ayez qu’un cœur qui soit tout à la remplir. » C’est la chose qui doit passer avant
tout, sans se laisser distraire des moyens à employer pour la réaliser, selon l’exemple que nous donne saint Paul : « Je ne pense pas avoir atteint le but; mais seulement, oubliant ce qui est en arrière, et m’élançant pour saisir ce qui est devant moi, je marche à ma destination, je m’efforce d’arriver à la récompense de la vocation divine qui vient d’en haut en Jésus-Christ » (Phil., iii, i3, 14).
Il n’y a pas de malheur comparable à celui d’une âme qui contrecarre les desseins de Dieu sur elle ; et, comme nous le verrons plus loin, les secours spirituels destinés à nous sanctifier et à nous sauver étant en rapport avec la vocation à laquelle nous sommes appelés, les négliger et y être infidèle, c’est s’exposer aux pires châtiments. « Çeux qui méprisent la volonté de Dieu qui les invite, dit saint Augustin, sentiront la volonté de Dieu qui se vengera. » Et ailleurs.
il va jusqu’à dire que c’est s’exposer à la damnation : « Celui qui méprise l’appel de Dieu s’aveugle et se damne. » « Et pourtant, ajoute saint Jean Chrysostome, vous n’avez pas une autre âme que vous puissiez donner pour votre âme. Celui qui perd son argent peut le recouvrer, mais si vous perdez votre âme, vous ne pourrez jamais rien donner qui puisse tenir lieu de cette perte. »
Oh ! plutôt, suivons le conseil de l’Apôtre : « Je vous conjure de marcher d’une manière digne de la vocation à laquelle vous avez été appelés » (Gal., iv, i) ; et celui de saint Pierre : « Efforcez-vous de plus en plus d’affermir, par vos bonnes œuvres, votre vocation et votre élection » (II PiER., i, 10).
La joie intérieure, fruit de cette fidélité, comme le dit l’auteur de l’Imitation : « Que vous serez heureux, si vous accourez avec joie et promptitude à l’appel intérieur de Dieu », sera pour l’âme un précieux excitant à poursuivre l’œuvre de sa sanctification dans l’accomplissement délicat et généreux des volontés divines.