‹ La Vocation ReligieuseChapitre 53 sur 105 · II. — Lf inconstance · texte numérisé non relu

II. — Lf inconstance

Chez d’autres, la réflexion existe et la vocation est appréciée à sa juste valeur. Tout a été pesé et mûri. On s’est donné sérieusement à Jésus et les commencements ont donné de grandes espérances. Mais l’âme manque de stabilité, et il lui est difficile de poursuivre longtemps le même idéal, sans qu’il y ait quelque fléchissement. Soit à cause des dispositions du dedans, soit à cause des influences du dehors, la première vigueur s’émousse et l’âme chancelle. On prétend voir moins clair, on se sent moins rassuré, on cède au doute intérieur et on cherche d’instinct un dérivatif à sa vocation. Pour peu que les occasions favorisent cet état d’esprit et que l’attente de l’entrée en religion se prolonge, on voit bientôt cette âme déchoir rapidement et devenir victime de son inconstance. La grâce a été reçue, mais elle a été perdue.

Ces âmes font le désespoir des directeurs de conscience, qui ne peuvent faire fond sur elles et sont désarmés, par leur versatilité, quand ils cherchent à les ramener au devoir. Hélas ! comme dit saint Bernard, « pour être sauvé il ne suffit pas de commencer, il faut persévérer ;

CAUSES D'iNFIDÉLITÉ A LA VOCATION 203

beaucoup, il est vrai, commencent bien, mais peu finissent de même ».

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