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CHAPITRE SEIZIÈME

Conséquences de l’infidélité à la Vocation Religieuse

La vocation religieuse est une grâce, tant à cause des dangers dont elle préserve, que des secours particuliers qu’elle procure ; on ne peut donc y être infidèle impunément. « Dieu, dit saint Alphonse, connaît parfaitement le prix de ses grâces ; c’est pourquoi il châtie avec rigueur quiconque les méprise ».

Elle est une grande grâce, en raison du choix privilégié que Jésus fait de l’âme qu’il y appelle ; la négliger ou en abuser est une faute doublement grave. Jésus Lui-même nous en prévient : « A celui, dit-Ii, qui a reçu beaucoup on demandera beaucoup ; et de celui à qui l’on a confié beaucoup, on exigera davantage » (Luc, xii, 48).

Elle est ce qu’on peut appeler « une grâce de vie », en ce sens qu’elle devient la source d’une quantité considérable d’autres grâces mises par Jésus à la disposition de « l’appelé », pour son salut et sa sanctification ; ne pas y correspondre, c’est se rendre grandement coupable et compro-

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mettre ses intérêts éternels. « Plus la grâce accordée est grande, dit saint Alphonse, plus le Seigneur sera irrité contre celui qui néglige d’y correspondre, et son jugement en sera d’autant plus rigoureux au jour des comptes ».

L’infidélité à la vocation religieuse revêt un caractère particulier d’ingratitude. C’est évidemment méconnaître les dons de Jésus et mépriser les avances pleines de tendresse qu’il fait à l’âme, en daignant se la consacrer et l’appeler à vivre plus étroitement dans son amour et son intimité. Comment supposer que Jésus y soit insensible, lorsque au contraire nos saints Livres sont pleins des menaces et des représailles exercées par le Seigneur contre les ingrats? L’amour méconnu se tourne souvent en sentiments contraires ; ce qui fait dire à saint Bernard : « Rien ne déplaît tant à Dieu que l’ingratitude ; elle ferme le chemin à la grâce et, partout où elle règne, la grâce ne peut plus trouver accès ni prendre place ».

Là où auparavant il n’y avait que bonté et pieuses sollicitations, il n’y a plus que froideur et sévérité. « Si Dieu est bon pour les hommes reconnaissants, dit saint Jean Chrysostome, il demandera un compte sévère aux ingrats ». Les relations d’amitié sont alors forcément brisées. Le Seigneur se retire, selon ce qui est dit au premier livre des Rois (xv, 23) : « Parce que vous

avez rejeté la grâce du Seigneur, le Seigneur, à son tour, vous a rejeté ».

Ce ne sont pas là de vains mots ; l'expérience prouve que l'abus d’une grâce aussi grande que celle de la vocation religieuse peut jeter une âme dans les plus grandes perplexités et la conduire à tous les excès. De là, cet avertissement si fondé de saint Alphonse : « Remerciez le Seigneur de vous avoir invité à le suivre ; mais tremblez, si vous ne correspondez pas à cette grâce privilégiée ».

— Malaise, tristesse, ténèbres.

Il se rencontre des âmes infidèles à la grâce de la vocation qui vivent comme auparavant, sans aucun changement apparent, continuant à rire, à se distraire et à s’amuser. Ce sont peutêtre les plus malheureuses, car elles ont étouffé le remords et elles cherchent à s’étourdir. Il faut les plaindre. Il peut se faire que plus tard elles se réveillent de leur torpeur et secouent leurs illusions ; elles trouveront sans doute alors un Jésus miséricordieux, mais combien seront différentes les relations amicales qu’elles pourront rêver avoir avec Lui.

Il en est hélas ! parmi elles qui 11e connaîtront jamais le repentir efficace, et c’est ce qui devrait leur ouvrir les yeux avant de tomber dans l’infidélité ; car, dit à ce propos Jean Gerson : « Il

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