‹ La Vocation ReligieuseChapitre 61 sur 105 · CONSÉQUENCES DE U INFIDÉLITÉ · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE U INFIDÉLITÉ

arrive souvent, par un juste jugement de Dieu, que celui qui a négligé ou repoussé la grâce ne trouve plus le moyen d’arriver plus tard jusqu’à elle ».

Par contre, il arrive fréquemment que la pensée de son infidélité crée dans l’âme un malaise qui paralyse ses élans et y jette un voile de tristesse que les années parfois ne savent dissiper. Combien de fois n’entendons -nous pas dire : « Ah ! j’ai perdu ma vocation. J’aurais dû me faire religieux, religieuse ». Cette exclamation répond la plupart du temps à une conviction personnelle ; car si, en réalité, il est parfois des vocations qui n’ont jamais été approfondies, il en est d’autres qui ont porté visiblement le sceau de l’appel divin ; et ce souvenir accompagne l’âme dans la vie pour mêler de l’amertume à ses joies. Nous n’oublierons jamais la réflexion attristée de ce confrère de classe que nous revîmes après de nombreuses années, dont la figure sombre et mélancolique nous frappa, et à qui nous demandâmes s’il était heureux dans la position honorable qu’il occupait dans le monde : « Non, dit-il, je suis malheureux, j’ai manqué ma vocation ».

Combien pourraient faire la même réponse ! Quand on a abusé d’une grâce si lumineuse, comme celle de la vocation religieuse, le ciel de l’âme s’assombrit. Les joies ne sont plus aussi

pures, la paix intérieure en est troublée, on ne voit plus aussi clair ni dans son âme ni dans les choses spirituelles ; et si on ne marche pas toujours à tâtons, il y a souvent des ombres épaisses qui jettent dans les incertitudes et les angoisses. C’est le châtiment dont parle saint Alphonse, quand il dit : « Lorsque le Seigneur daigne éclairer une âme et l’appeler à la vie parfaite, si elle ne répond pas à sa vocation, il la prive de sa lumière et l’abandonne au milieu des ténèbres ».

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