Chutes et malheurs
On comprend que l’infidélité à la grâce de la vocation religieuse puisse conduire parfois à tous les désordres. C’est assez souvent la manière de s’étourdir de ceux qui veulent étouffer les remords de la conscience. C’est aussi le châtiment que Jésus réserve à ceux qui ont méprisé son amour. Les exemples abondent, de ceux qui n’ont point voulu embrasser la vie religieuse, lorsqu’ils y étaient appelés, ou qui l’ont abandonnée après y être entrés, et qui ensuite se sont laissés entraîner dans le courant des plaisirs mondains et ont fait des chiites déplorables. On dirait que le démon exerce son empire sur ces malheureux en proportion de la gravité de leur faute.
Retenus pendant un temps par leurs désirs de
CONSÉQUENCES DE l’ïNFIDÉLITÉ 21g
perfection, ils se sont maintenus dans le sérieux de la vie et dans Fesprit de prière et de sacrifice; mais ayant ensuite renoncé à leur pieux dessein, il se produit une détente plus ou moins rapide qui les porte à vouloir ressaisir une liberté qu’ils étaient résolus à sacrifier et dont ils sont grandement exposés à abuser.
Abandonnés de Jésus, dont ils ont méprisé les faveurs, ils se laissent vite fasciner par les séductions d’un monde corrompu et, ne mettant plus de frein à leurs passions, ils tombent souvent dans les derniers déréglements et deviennent un sujet de scandale. Le danger suprême est d’être frappé par la mort dans cet état ; ce qui est assez fréquent, au dire de saint Alphonse dans sa théologie morale. « Prions Dieu avec instance, dit-il, de nous préserver du péril de résister à la vocation ; car l histoire nous rapporte des malheurs tragiques et sans nombre, qui ne sont que l’accomplissement des menaces lancées par nos saints Livres contre ceux qui sont infidèles à l’appel divin ».