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CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

Quelle forme de vie religieuse faut-il embrasser, et dans quelle Communauté faut-il entrer ?

Four faire un choix judicieux de vie religieuse, chacun doit tenir compte de ses aptitudes, de ses qualités, de ses talents, de ses forces, de ses attraits surnaturels, des grâces reçues et des besoins de son âme. On ne se fait religieux que pour procurer la gloire de Jésus par sa propre sanctification et par sa coopération au salut des âmes.

Jésus est Celui qu’avant tout nous devons avoir devant les yeux. C’est pour le mieux servir et ne vivre que pour Lui, que l’on désire tout quitter et n’avoir plus d’autre préoccupation que de L’aimer et de se sacrifier pour Lui. Voilà le premier objectif qu’il ne faut jamais perdre de vue.

Mais Jésus ne peut être vraiment glorifié en nous que par notre sanctification. Ces deux

choses vont de pair. Nous ne pourrions donc prétendre ni honorer, ni glorifier Jésus, ni Lui plaire, si nous n’avions à cœur et si nous n’étions résolus de devenir des saints. C’est le motif qui nous pousse à embrasser l’état de perfection.

Ne vivant que pour Jésus et aspirant à la sainteté pour Lui mieux ressembler, nous mettons à sa disposition tout ce que nous sommes, nous Lui consacrons tous les dons, toutes les qualités, tous les talents que nous avons reçus de Lui, afin qu’il s’en serve pour sa gloire et le salut des âmes.

Trois éléments essentiels qui entrent dans la détermination à prendre. Pratiquement, ce sont nos attraits, correspondant à nos aptitudes, à nos qualités et aux grâces reçues, qui vont influencer notre orientation, concréter notre amour de Jésus et donner son caractère propre à notre sanctification. A chacun de considérer les trois formes de vocation religieuse, pour savoir à laquelle le Seigneur l’appelle.

1 . — Trois formes de vie religieuse : contemplative, active, mixte .

La première est consacrée à la prière et à la pénitence, dans le silence et la solitude, dans une séparation complète du monde, dans une étude et une contemplation constante des vérités éternelles. Elle convient aux âmes qui ont

un attrait prononcé pour la solitude et l'oraison.

Cette vie contemplative est double, selon qu'elle est purement monastique, comme dans les grands Ordres, ou eucharistique, par l'exposition ou l'adoration du Très Saint Sacrement, comme dans plusieurs Congrégations modernes.

La vie active, tout en possédant l'essentiel de l'état de perfection, qui sont les vœux de religion, se dévoue aux œuvres extérieures d’apostolat et de charité, sous toutes les formes. Elle convient à ceux dont le tempérament très actif a besoin de se dépenser au bien et au salut des âmes.

La vie mixte unit à la fois la vie contemplative et la vie active. D'après saint Thomas, c'est la plus parfaite, car elle réunit l’amour de Dieu et l'amour du prochain. C'est le genre de vie le plus adapté aux âmes qui ont besoin à la fois de prière et de dévouement.

Dans le choix d'une de ces formes de vie religieuse, il faut procéder avec beaucoup de sagesse et de discrétion, pour ne pas s'orienter à la légère dans une voie qui pourrait n'être pas conforme aux dispositions et aux besoins de l’âme. Par exemple : un esprit peu apte à l’oraison ou pour lequel une application trop prolongée dégénérerait facilement en tension et contrainte, n’est pas fait pour la vie contempla-

tive ; de même un tempérament exubérant, qui étoufferait dans une vie sédentaire et renfermée. Far contre, celui pour qui le contact avec le monde offrirait encore de trop grands dangers, ne devrait pas embrasser une vie active qui l'exposerait à bien des surprises et à des chutes ; pareillement, si une activité trop grande ou un zèle intempestif pouvait entraîner à des excès qui compromettraient les avantages et les devoirs de la vie religieuse.

C'est pourquoi la vie mixte, partagée entre la prière et l'action, paraît plus adaptée à la majorité des âmes. Encore faut-il que partout où il y a un apostolat quelconque à exercer, la vie intérieure tienne la première place, toute œuvre, pour être fructueuse, devant être solidement établie sur l’union de l’âme avec Jésus, suivant l’enseignement du divin Maître : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire, et celui-là seul qui demeure en moi porte beaucoup de fruit » (Jean, xv, 5). '

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