‹ La Vocation ReligieuseChapitre 78 sur 105 · Confiance · texte numérisé non relu

Confiance

Pendant tout le temps que l’on traite l’affaire de sa vocation, il faut lever ses regards vers le ciel d’où viennent la lumière d’abord, puis les secours pour marcher vaillamment dans la voie choisie. C’est Jésus qui appelle à la vie religieuse, c’est Lui le foyer de lumière et de vérité

qui projette ses rayons sur nos réflexions et considérations personnelles. C’est Lui et Lui seul qui tient en mains les secours nombreux qui nous seront ensuite départis pour être fidèles et correspondre à ses desseins. C’est donc à Lui qu’il faut avoir recours avec esprit de foi et pleine confiance. « Dans cette délibération, dit justement Suarez, il ne faut pas seulement considérer ses propres forces, il faut surtout tenir compte des secours de Dieu, à qui il faut se confier ».

Lors même que la route paraîtrait longue et ardue, l’on arrivera sûrement à l’accomplissement de ses désirs, si on en confie la réalisation à Celui qui, après nous avoir montré la voie, saura nous y conduire, comme s’exprime saint François de Sales : « La vraie lumière du ciel vous a fait voir votre chemin ; elle vous conduira par celui qu’elle vous a fait prendre, parfaitement et fort heureusement ».

Jésus ne donne pas des espérances, pour les enlever ensuite. Jésus ne met pas au cœur des aspirations célestes, pour en empêcher la réalisation. Jésus n’invite pas à marcher sur ses traces, pour en fermer la voie à ceux qui veulent Le suivre. Jésus ne met pas Lui-même la croix sur les épaules, pour qu’elle écrase ceux qui la portent. Jésus ne remplit pas les âmes d’amour divin, pour refuser après d’étancher

leur soif. «Celui qui vous appelle est fidèle, dit saint Paul, et lui-même vous aidera dans l’accomplissement des devoirs de votre vocation » (I Thés., v, 24).

Cette confiance en Jésus doit être illimitée, comme l’amour qu’on Lui a voué. C’est à ses pieds qu’il faut venir déposer tous ses soucis et trouver le réconfort au milieu de toutes les tribulations, suivant l’invitation que nous en fait l’apôtre saint Pierre (I, v, 7) : « Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, vous déchargeant sur lui de tous vos soucis, parce qu’il a lui-même soin de vous ».

L’épreuve aura un terme, mais pour que l’issue en soit heureuse, il est indispensable de rendre sa confiance en Jésus inébranlable comme le roc que viennent battre inutilement les flots courroucés. Jésus veille et saura faire face pour nous à tous les ennemis. Il se le doit, en quelque sorte, à Lui-même, puisqu’il a daigné nous choisir et qu’il constate notre désir de répondre à son appel. Saint Pierre nous en donne l’assurance (I, v, 10) : « Le Dieu de toute grâce, qui nous a appelés à son éternelle gloire, vous perfectionnera, vous fortifiera et vous affermira après que vous aurez souffert un peu de temps ».

La victoire est assurée à ceux qui ne faiblissent point dans leur confiance. En dépit des obstacles et des difficultés de tout genre, ils avancent

sans se lasser et ils s’élèvent au-dessus des misères d’ici-bas par la force des grâces qu’ils puisent abondamment en Jésus qui les conduit à l’accomplissement de ses desseins adorables ; ce qu’exprime le prophète Isaïe, quand il dit (xl, 3i) : « Ceux qui espèrent dans le Seigneur trouveront des forces toujours nouvelles, ils prendront des ailes et s’élèveront comme l’aigle ; ils courront sans se fatiguer et ils marcheront sans se lasser ».

Puisqu’il s’agit de servir le Seigneur plus parfaitement et de l’aimer sans mesure, en quittant tout pour se contenter de lui, il faut, à force de confiance et d’amour, avoir l’assurance d’être exaucé : « ln te, Domine, speravi, non confundar in æternum . Seigneur, j’ai espéré en vous, je ne serai pas confondu pour toujours » (Ps. xxx, 2).

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