CHAPITRE TROISIÈME
Excellence de la Vecatioi? Religieuse
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L’excellence de toute vocation, et en particulier de la vocation religieuse, se tire de son origine, de sa fin et de ses moyens.
Dieu seul est l’auteur de toute vocation surnaturelle. Il est, lui seul, l’auteur et le dispensateur de ses dons, selon ces paroles de l’apôtre saint Jacques (i, 7) : « Toute grâce excellente et tout don parfait vient d’en haut, et descend du Père des lumières ».
La moindre des grâces de Dieu est d’un prix infini et elle revêt à nos yeux le caractère d’une manifestation admirable de sa bonté et de ses desseins adorables sur nous.
Dieu ne nous prodigue ses dons que pour nous donner une intelligence plus grande de ses perfections infinies, nous rapprocher de lui et nous gagner à son amour.
Nous destinant à la vie éternelle, il a réuni tous ses dons dans son Fils unique qu’il nous a donné et par lequel seul nous pouvons être sauvés (Act., iv, 12), suivant ce que nous enseigne
saint Jean : « Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui... Il nous a donné la vie éternelle et cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils n’a pas la vie » (I Jean, iv, 9 ; v, 11, 12).
C’est pourquoi, nous dit Jésus, nous ne pouvons aller au Père que par le Fils : « Personne ne vient au Père que par moi » (Jean, xiv, 6), et en avoir la connaissance que par l’intelligence qu’il plaît au Fils de nous en donner : « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler » (Mat., xi, 27).
De même, « nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père ; et nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean, xi, 27 ; vi, 44).
Toute la vie du temps et de l’éternité est dans cette science suréminente du Père et du Fils, en l’unité du Saint-Esprit : « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous, seul vrai Dieu, et Celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ » (Jean, xvii, 3). C’est là l’essentielle vocation, à laquelle nous sommes tous appelés et à laquelle toutes les autres vocations empruntent leur degré d’excellence et de perfection.
« Dieu, nous dit saint Paul, nous a délivrés et nous a appelés par sa vocation, selon son propre décret, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant tous les temps » (II Tim., i, 9).
Nous avons été appelés en vue de la gloire future qui nous est destinée. « Ceux que Dieu a prédestinés, nous dit encore le grand Apôtre, il les a appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a glorifiés » (Rom., viii, 3o).
Si donc il existe une vocation où l’appel de Dieu soit plus formel, dans laquelle les âmes arrivent à une plus grande justification, et, par la sainteté de leur vie, méritent une gloire plus grande au ciel, cette vocation est la plus excellente et elle est un gage de prédestination pour les âmes qui y sont appelées.
Or, telle est la vocation religieuse, qui arrache l’âme aux préoccupations terrestres et la consacre exclusivement au service de Celui qui ne choisit que pour rendre saint : « Celui que le Seigneur aura choisi sera saint » (Nom., xvi, 7), et qui n’attire à lui que parce qu’il aime sans mesure et sans fin : « Je t'ai aimé d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’ai attiré dans ma miséricorde » (Jérém., xxxi, 3).