DEVOIRS DES PRÊTRES A L’ÉGARD DE LA VOCATION
humaines, et l'obligation de conformer sa vie à ses divins appels serait vaine et illusoire. Sans être des adversaires déclarés de la vocation, ils arrivent pratiquement aux mêmes résultats ; qu’ils y réfléchissent devant Dieu.
Si le Ministre de Dieu se posait carrément en adversaire de la vocation religieuse, soit d’une manière générale, soit dans des cas particuliers, sa faute serait plus grave encore ; car, outre le préjudice formel porté à l’intéressé, il y aurait profonde malédification et peut-être scandale, sans parler de l’influence néfaste qu’une semblable attitude ne manquerait pas d’exercer sur l’esprit d’un bon nombre.
Pour en comprendre toute la culpabilité, nous renvoyons au chapitre treizième, où ce sujet a déjà été traité. Nous tenons néanmoins à répéter ici le sentiment de saint Alphonse, fondé sur celui de saint Thomas : « Si l’intention de celui qui veut se faire religieux est bonne, et qu’il n’existe aucun empêchement, le confesseur, ni un autre, comme saint Thomas l’enseigne, ne peut, sans une faute grave, empêcher ni détourner le pénitent, de suivre cette vocation ». C’est pourquoi les saints et les docteurs avertissent de ne s’adresser qu’à ceux que l’on sait n’être pas opposés à la vocation religieuse et qui n’y mettront point obstacle. Saint Thomas dit « de consulter ceux dont on espère du secours et dont
on ne craint pas les entraves » ; et ailleurs, lorsqu’il s’agit du choix de la Communauté, il répète ■ « de prendre l’avis de ceux qui ne sont pas opposés à notre dessein ».
Ce qui condamne suffisamment la mentalité et la doctrine des adversaires de la vocation religieuse, puisque les saints font ainsi un devoir de ne pas recourir au ministère de ceux qui pourtant ont reçu, par vocation, la mission de diriger les âmes.
Mais il ne suffit pas que le Prêtre ne soit pas systématiquement opposé à la vocation religieuse, — opposition, comme nous venons de le faire remarquer, qui serait un indice ou d’ignorance coupable ou d’infidélité à son devoir, selon ce que dit saint Thomas : « Il est certain que l’entrée en religion est un plus grand bien ; celui qui en doute déroge autant qu’il est en lui au Christ qui l’a conseillée » ; — mais il doit regarder comme une obligation de conscience et un devoir de sa charge de favoriser les vocations religieuses, puisque Jésus en est l’auteur et que les âmes y trouvent une plus grande perfection et un port de salut.
Comment le Prêtre serait-il le « coopérateur de Dieu », comme l’appelle saint Paul (I Cor., iii, 9), s’il ne s’appliquait à seconder la grâce dans les âmes et à y développer ces penchants vers la vie