CHAPITRE DEUXIEME
La Science
1. — Obligation f^our le Prêtre de connaître la doctrine de son Maître.
Jésus ne serait qu’imparfaitement connu, s’il n’était connu que dans ses vertus et non dans ses enseignements. En venant sur la terre, Il a apporté aux hommes tout un code de doctrines qu’ils sont tenus d’apprendre et auquel ils doivent conformer leur vie.
Le Prêtre, plus que les autres, doit devenir savant dans cette science divine. Il lui est loisible de rester étranger à bien des connaissances humaines, il ne lui est pas permis d’ignorer cellelà. En abandonnant le siècle, il s’est éloigné par là même des sciences purement profanes pour se consacrer aux choses divines ; et s’il s’occupe parfois des premières, en raison de fonctions spéciales, ça ne peut jamais être au détriment des secondes.
Mais la doctrine, pour être exacte et parfaite, doit être puisée à sa source : en Jésus. Qui connaît Jésus dans sa Personne, dans ses mystères et dans ses enseignements, possède la vraie
science, la science primordiale de laquelle découle et à laquelle se réduisent toutes les autres.
La connaissance de Jésus est donc d’une nécessité absolue. On ne peut vouloir être son disciple, sans chercher à l’acquérir. On ne peut être Prêtre, sans la posséder.
Connaître Jésus, c’est connaître non seulement ce qu’il est en Lui-même, les motifs de son Incarnation et les effets de sa Rédemption ; mais c’est encore savoir ce qu’il a dit et enseigné, c’est comprendre le sens de ses paroles, c’est se pénétrer de la vérité de sa doctrine, c’est approfondir la sublimité de ses enseignements, c’est s’identifier en quelque sorte avec l’esprit et la vertu contenus dans chacune de ses paroles.
Voilà la splendide occupation du Prêtre. Uniquement consacré au service de son Maître et vivant dans des rapports continuels avec Lui, il assiste à ses leçons, il reçoit ses confidences, il s’habitue à ses maximes et à son esprit, il remplit son âme de ses instructions et il apprend les secrets mêmes que Dieu le Père a révélés à son Fils. C’est là l’étude de toute sa vie.
Tant que dure son Sacerdoce, le Prêtre est tenu de ne point cesser d’étudier son Maître et de se remplir de sa doctrine. Il est Prêtre pour toujours ; il doit donc croître sans cesse dans cette science des sciences qui est, avec la vertu, le plus bel ornement du Sacerdoce.
LA SCIENCE
II est souverainement important que tous ceux qui aspirent à devenir un jour les Prêtres de Jésus, se pénètrent de cette obligation sacrée et ne négligent rien pour obtenir la science essentielle de leur Sacerdoce. Chacun acquerra les autres sciences ecclésiastiques suivant ses capacités intellectuelles, mais lorsqu’il s’agit de la doctrine du Maître, tous doivent devenir des savants.
Un Prêtre qui ne saurait discourir sur Jésus, qui connaîtrait à peine l’Evangile, qui ne se nourrirait pas de la doctrine de son Maître, que saurait-il ? Et étant ignorant de la science qu’il doit posséder avant toutes les autres, il apparaîtrait comme un Prêtre à demi et il ferait l’effet d’être resté dans le vestibule du Sacerdoce sans pénétrer dans l’intérieur.
Avis aux jeunes, s’ils ne veulent pas s’exposer à tronquer leur Sacerdoce par une science insuffisante.