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Obligation de V enseigner

Le Prêtre n’est pas Prêtre pour jouir égoïstement des prérogatives et des grâces de son Sacerdoce. Il est consacré l’homme de tout le monde. Il doit porter secours aux âmes et les assister dans tous leurs besoins. Pour les sauver, il doit les instruire ; et pour les instruire, il doit posséder à fond la science divine qu’il leur enseigne.

Jésus envoie ses Prêtres de par le monde et II les charge d’enseigner toutes les nations. L’enseignement divin fait partie intégrante du Sacerdoce. Les Prêtres sont les gardiens de la doctrine ^ ; ils doivent la posséder non seulement pour eux-mêmes, mais encore pour la communiquer aux autres.

S’il est nécessaire d’étudier pour acquérir cette science, il l’est davantage pour l’enseigner. Le Prêtre doit pouvoir faire pénétrer les vérités dans les esprits et en convaincre les âmes ; il doit savoir interpréter dignement toute la doctrine de son Maître, en montrer l’excellence et les éternelles conséquences, en faire ressortir les sublimes beautés et la divine sagesse. Il ne peut remplir un semblable ministère que s’il est lui-même profondément pénétré des enseignements divins.

Pour l’honneur de son Maître, le Prêtre doit s’appliquer à donner une doctrine saine, irréprochable, claire, exacte et lumineuse.

Jésus l’a établi la lumière du monde pour éclairer, et non pour assombrir ; Il l’a fait le sel de la terre pour conserver la doctrine en même temps que la vertu, et non pour l’amoindrir.

En toute circonstance, les âmes doivent pouvoir trouver auprès du Prêtre un éclaircissement

1 Mal., Il, 7.

LA SCIENCE

dans leurs doutes, une solution à leurs objections, une orientation dans la voie qui mène à la vérité, une sécurité de conscience dans la pratique des vertus, la fuite des occasions et l’accomplissement du devoir.

Si le Prêtre est saint et instruit, il éclairera et convaincra, il édifiera et sauvera. La sainteté et la science vont de pair.

C’est sous ce jour qu’il faut entrevoir le Sacerdoce et le désirer pour soi et pour les autres.

Donnons à l’Eglise des Prêtres instruits autant que vertueux, et nous concourrons efficacement au salut et à la sanctification des âmes.

3. — La science est nécessaire L>our réfuter les erreurs et combattre les ennemis de V Eglise,

En cela, comme en tout le resté, Jésus a donné l’exemple à ses Prêtres. Il a été personnellement attaqué dans sa doctrine ; ses ennemis ont cherché à dénaturer ses enseignements ; ils se sont évertués à répandre l’erreur partout où II enseignait la vérité. Jésus n’a cessé de mettre les âmes en garde contre leurs fausses doctrines, qu’il a combattues tantôt avec douceur par l’exposé net et clair de la vérité, tantôt avec énergie en démasquant leur hypocrisie et leur malice.

De tout temps, à ce sujet, Jésus a pu dire à ses Prêtres, comme II le dit encore aujourd’hui :

LA VOCATIÔN SACEkDOTALÉ

«Je VOUS ai donné rexemple, faites comme j’ai fait Défendez partout la vérité, ne craignez pas d’attaquer de front l’erreur ; c’est sur vous que je compte, car les ennemis du bien cherchent à perdre les âmes, et je vous ai donné la mission de les sauver. »

Il faut plus de science pour défendre la vérité que pour l’exposer simplement. Les notions doivent en être plus nettes dans l’esprit et plus étendues, afin de faire face à toutes les objections et de les réduire plus facilement à néant.

De nos jours, le Prêtre peut être appelé fréquemment à défendre ainsi la saine doctrine de l’Eglise et à répondre à des attaques imprévues d’adversaires réels ou de simples contradicteurs. Il est important alors de saisir le sens des sophismes ou des erreurs, de voir clairement la vérité à y opposer et de trouver les expressions justes pour y répondre.

Cette présence d’esprit et cette souplesse d’argumentation ne s’inventent pas sur l’heure, il faut y être préparé par l’étude et une connaissance exacte et approfondie de la doctrine.

Cette science acquise est une force considérable pour le ministère du Prêtre. Pratique pour tous, elle devient indispensable pour ceux qui ont plus directement la mission de s’opposer à jia

1 Jean, xiii, i5.

LA SCIENCE

marche envahissante des erreurs de toutes sortes dans Tordre intellectuel, moral et spirituel.

Il est donc de première nécessité de donner une base solide à renseignement ecclésiastique ; et tout futur Prêtre doit s’appliquer à exceller dans la science comme dans la vertu.

4. — La science est nécessaire vis-à-vis de la classe instruite et dirigeante.

Lorsque Jésus a été retrouvé dans le Temple par Marie et Joseph, Il discutait avec les docteurs de la Loi, ou tout au moins discourait avec eux sur Tinterprétation des Saintes Ecritures. S’il avait été un enfant ordinaire, ils ne L’auraient point écouté ; ce qui a attiré leur attention et les a subjugués, c’est sa science. La preuve en est que leur étonnement venait de ce que, étant le fils d’un charpentier. Il eût tant de connaissances.

Les choses n'ont pas changé. Les hommes ignorants se laissent instruire simplement, les hommes instruits cherchent à se laisser convaincre. Parmi ces derniers, les uns, indifférents, réclament une instruction raisonnée, les autres, hostiles, ne se rendent qu’à l’évidence d’une argumentation serrée ; même ceux qui sont animés de bons sentiments s’attendent à trouver dans le Prêtre un homme intelligent et instruit qui soit

à leur hauteur et parle avec science des choses de la religion.

Il en est qui ne voudraient point s’approcher d’un Prêtre ignorant et converser avec lui ; à plus forte raison n’auraient-ils pas l’idée de se faire ses disciples et d’en recevoir un enseignement quelconque ni une direction spirituelle.

Le manque de science dans un Prêtre est suffisant pour écarter bien des âmes de la religion ; de même qu’un Prêtre possédant de la science est souvent le seul qui puisse exercer de l’influence sur une certaine catégorie de gens instruits.

La vérité ne pénètre dans certains esprits que si elle est revêtue d’un dehors de noblesse qui semble lui donner plus de dignité. La vertu ne trouve place dans certains cœurs que si elle est présentée avec tact et intelligence.

C’est ainsi que la science et la vertu se complètent dans le ministère auprès de la classe instruite et dirigeante. La vertu seule n’aurait pas assez d’attrait, la science sans la vertu paraîtrait déplacée dans un homme qui fait profession de pratiquer l’une et l’autre.

Il est bon de ne pas perdre ce point de vue, quand on s’engage dans l’état ecclésiastique. Il est un motif de plus pour cultiver la science et pratique^ la vertu.

LA SCIENCE

5. — U ignorance, chez le Prêtre, le rabaisse à ses lorol?res yeux et aux yeux des autres, et diminue Vefficacité de son ministère.

Un Prêtre qui a Tintelligence de sa vocation ne peut ignorer Timportance d’acquérir la science pour remplir dignement ses fonctions. Donc, s’il néglige d’étudier et de développer ses connaissances, il est infidèle à sa vocation et il se condamne à l’avance à une vie sacerdotale médiocre et à un ministère infructueux.

L’ignorance chez un Prêtre lui enlève l’estime de sa dignité, le prive des jouissances intellectuelles qu’il trouverait dans l’étude des vérités, frustré son cœur de ces pieuses et saintes ardeurs qu’y entretiennent la saine doctrine et les fortes études. Il se sent forcément un Prêtre diminué et il se paralyse lui-même dans ses élans de zèle et de vertu.

Mais c’est surtout aux yeux des autres qu’il est diminué et rabaissé. Si les gens du monde sont exigeants quant à la vertu que doit posséder le Prêtre, ils ne le sont pas moins quand il s’agit d’un certain degré de science qui est l’ornement nécessaire de sa vocation. Un Prqtre ne consacre pas tant d’années aux études, pour ne rester qu’un ignorant dans les connaissances de son état.

Par le fait de sa mission auprès des âmes.

le Prêtre est tenu, non seulement de rester constamment en contact avec la science qu’il a acquise pour l’accomplissement de son ministère, mais encore de l’affermir sans cesse et de la développer suivant les situations et les circonstances. Constater qu’il la néglige, c’est faire croire à un manque de conscience et à une véritable infidélité.

D’où, comme conséquence inévitable, la diminution de son influence, la mésestime de sa personne et l’inefficacité de son ministère.

Il y a de quoi faire réfléchir les esprits légers, les cœurs froids et les volontés paresseuses. Mieux vaut prévenir le mal que d’avoir à le guérir. Profitons des années du Séminaire et préparons Tavenir.

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