‹ La Vocation SacerdotaleChapitre 27 sur 62 · L* esprit surnaturel · texte numérisé non relu

L* esprit surnaturel

Les âmes qui aspirent à la perfection doivent considérer Jésus, leur divin modèle, se remplir de son esprit, s'habituer à tout voir dans sa lumière, s'éprendre d'amour pour Lui et considérer toutes choses dans le rayonnement de sa volonté sainte.

Rien n’est plus logique pour le Prêtre qui, par sa vocation, s'est séparé de tout pour s'attacher à Jésus. Non seulement il Lui est consacré, mais cette consécration l'a uni tellement étroitement à son Maître, qu'il reçoit constamment dans son âme l'influence sanctifiante de ce contact divin.

Le Prêtre fidèle n'a pour ainsi dire qu'à ouvrir les yeux pour voir les choses dans la vérité, qu'à considérer les évènements humains pour y voir la main de Dieu, qu'à s'approcher des créatures

pour se rappeler dans quel esprit surnaturel il faut en user.

Du moment que tout ce qui est créé n’a pas de valeur en dehors de Dieu, le Prêtre, qui ne vit que pour Dieu, en est détaché ; et ce détachement lui donne une liberté qui aide considérablement à sa perfection.

Puisque rien n’est appréciable dans les créatures que suivant ce qu’on y trouve de surnaturel et de divin, le Prêtre, qui n’est consacré qu’au surnaturel, méprise tout le reste ; et ce mépris des créatures le prévient contre les tentations et lui assure la victoire.

Ne penser, n’aimer, ne parler, n’agir que dans des vues surnaturelles, jamais dans des vues humaines et terrestres, mais uniquement d’après l’esprit de l’Evangile et les principes de la vertu : voilà ce qui fait le Prêtre surnaturel et saint.

Comme il est important pour le Prêtre non seulement d’être surnaturel, mais encore de le paraître ! C’est pourquoi il doit s’interdire de parler et de raisonner comme les gens du siècle, se tenir en garde contre les influences d’un monde terrestre et corrompu, ne rien sacrifier à l’esprit de liberté, de rationalisme et de naturalisme qui envahit la société, ne s’inspirer jamais en rien des maximes et des coutumes relâchées qui ont cours dans le monde, souvent même parmi ceux qui se prétendent religieux.

Voir toutes choses du côté du ciel, ne les apprécier que d’après la doctrine de l’Evangile et les enseignements de l’Eglise, n’en user qu’en vue de l’éternité : c’est s’habituer à une vie toute surnaturelle, la seule qui convienne au Prêtre.

Par ce seul fait, la porte est fermée à l’ambition, au désir des honneurs, à la recherche des louanges, à l’estime des richesses, au penchant du plaisir, à la satisfaction du bien-être.

On ne se fait pas Prêtre pour jouir ou paraître, mais pour s’humilier, souffrir et se renoncer, à l’exemple du Maître. Se servir de la dignité de son Sacerdoce pour se faire valoir et s’attirer des honneurs et une gloire qui ne sont dûs qu’à Dieu, serait un sacrilège. On ne mettra jamais trop en garde les élèves des Séminaires contre des tendances aussi perfides, indignes de la sainteté du Sacerdoce.

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