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La vie intérieure

La vie intérieure n’est pas simplement, pour le Prêtre comme pour toutes les âmes en général, un moyen d’acquérir la perfection, elle est une obligation qui découle de la nature même de la vocation sacerdotale.

Le Prêtre, en effet, participe tellement au Sacerdoce de Jésus, qu’il n’y a en eux qu’un même caractère sacerdotal, une même puissance et une

même action sacerdotales. Quand le Prêtre parle et agit en tant que Prêtre, c’est Jésus qui parle et agit en lui. Jésus-Prêtre élit en quelque sorte domicile dans Tâme de son Prêtre et II y exerce son action. Bien plus, Il s’identifie cette âme, Il n’en fait qu’une avec la sienne et II en devient la vie. C’est pourquoi la parole du Prêtre est créatrice et son action rédemptrice.

Se peut- il concevoir union plus grande de deux êtres, fusion d’âme plus complète, absorption plus radicale d’une âme humaine dans l’ânie d’un Dieu ? Naturellement, leurs rapports doivent être habituels, étroits, intimes. Cette communauté de vie fait l’unité de pensées, de vues, de sentiments, de volontés.

Pour en jouir, le Prêtre doit être intérieur ; pour s’y maintenir, il doit mener une vie intérieure. Sans quoi il perdrait de vue ce que Jésus est pour lui et ce qu’il est pour Jésus ; il se rendrait insuffisamment compte des grandes œuvres qu’il opère ; il ferait l’effet d’un être qui projette la lumière sur le monde et reste lui-même dans les ténèbres, qui porte un brasier incandescent et n’en est point réchauffé.

C’est dans une action commune qu’agissent Jésus et le Prêtre. Jésus ne puise pas dans le Prêtre, Il ne fait que s’en servir; le Prêtre, au contraire, tire tout de Jésus, il ne peut rien donner aux âmes qu’il ne l’ait puisé en Jésus.

Il est comme un canal par lequel passe la grâce ; il n’atteindra fructueusement les âmes que dans la mesure où il restera en contact immédiat avec la source divine.

Ce qui est essentiellement vrai pour l’administration des Sacrements, l’est aussi, par voie de conséquence, lorsqu’il s’agit d’exercer sur les âmes une action quelconque.

S’il n’est pas intérieur, le Prêtre ne fera donc pas produire pour lui et pour les âmes tout ce que son Sacerdoce peut doliner ; tandis que l’habitude de la vie intérieure le ramènera sans cesse à son centre, lui facilitera considérablement la vertu, en même temps qu’elle rendra son action sur les âmes plus féconde.

Cette vie intérieure n’est pas à confondre avec la vie contemplative. Il n’est pas ici question de consacrer tout son temps à la prière et à la méditation, mais d’établir son âme dans le recueillement et un retour fréquent, autant que possible habituel, vers Jésus ; puis, dans ces dispositions, de se livrer à toutes les œuvres de zèle et d’apostolat que réclame le ministère.

Un Prêtre intérieur voit les choses plus clairement, les fait plus sagement, en est moins distrait et y trouve même un excitant à la vertu. Celui qui ne l’est pas se dissipe facilement, se laisse déborder par les occupations, se dessèche dans les efforts de son zèle, porte

peu de fruits durables et compromet sa sanctification.

Il y a là matière à réflexion, et on ne le fait jamais trop tôt. Les Séminaristes se prépareront d’autant mieux au Sacerdoce, qu’ils s’appliqueront davantage à devenir des hommes intérieurs.

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