CHAPitRE DEUXIEME
Ce qui fait le Prêtre influent
1 * — La vie irrél^rochable et sainte.
Le Prêtre ne peut accomplir efficacement sa mission auprès des âmes que s’il est honoré et respecté, et s’il exerce autour de lui une influence bienfaisante qui prédispose les esprits à l’écouter et à suivre ses enseignements.
Tout en étant l’ennemi de la vaine gloire, de l’ostentation, de la recherche humaine de l’estime et de la louange, il doit se préoccuper d’être un sujet d’édification et de paraître aux yeux de tous irréprochable dans sa conduite.
Jésus a recommandé aux siens de faire des bonnes œuvres, non pour être vus des hommes, mais pour que, les voyant, les hommes glorifient son Père qui est dans les deux Or, tous, bons et méchants, ont les yeux sur le Prêtre ; comme d’instinct ils épient sa conduite, les uns pour s’encourager au bien, les autres pour le trouver en défaut.
Même ceux qui ne pratiquent aucune religion sont exigeants à l’égard du Prêtre; ils deman-
1 Mat., V, i6.
dent plus de lui que de tous les autres, et ils s’offusquent aisément au moindre manquement. Si c’est injuste de leur part, parce qu’ils ne sont point guidés par des principes de franchise et d’équité, ça ne l’est pas en soi, car véritablement le Prêtre doit être irrépréhensible et plus édifiant que les autres.
Sa conduite ne doit prêter le flanc à aucune réflexion défavorable. D’abord, comme simple citoyen, il doit se montrer en tout un modèle. Dans son maintien, ses paroles, sa mentalité, ses principes et l’ensemble de sa personne, rien ne doit choquer, paraître déplacé, sentir en quoi que ce soit le naturel, l’humain, et encore moins le penchant au mal ou la passion. En toute circonstance, il doit se montrer juste, honnête, intègre, sobre, inflexible dans l’accomplissement du devoir, comme on l’exige de tout bon citoyen.
Mais cela ne suffît pas. Le Prêtre est un chef dans l’Eglise ; il est le héraut de la vérité, l’apôtre de l’Evangile, le père des âmes. On voit en lui plus qu’un homme, on sait que sa mission est
sainte et divine, on le respecte comme le repré-
sentant de Dieu ; on s’attend, dès lors, à trouver en lui plus que des qualités naturelles et des vertus .civiques, on l’entrevoit dans l’auréole de la vertu et de la sainteté.
S’il n’était qu’un citoyen honnête, sans paraître un bon et saint Prêtre, c’en serait fait
de son influence. On recourrait à son ministère pour Tadministration des sacrements, mais on n’irait pas chercher auprès de lui les bons conseils, la consolation, le réconfort, la lumière dans ses doutes, la direction dans ses tentations, ses luttes, ses difficultés et ses épreuves.
Comment, en effet, avoir confiance en ceux qui ne font pas ce qu’ils enseignent, qui imposent aux autres le fardeau des vertus et s’en déchargent eux-mêmes, qui montrent le chemin du ciel et n’ont pas le courage d’y marcher ?
De tout temps, les saints Prêtres ont été les plus influents, les plus écoutés et les plus bienfaisants des hommes. Si cette influence fait défaut, le ministère est paralysé et l’action sur les âmes réduite à néant.
Que Prêtres et Lévites considèrent avec des vues de foi la nécessité indispensable d’une influence surnaturelle dans l’exercice du saint ministère, et prennent les moyens de l’obtenir.