‹ La Vocation SacerdotaleChapitre 32 sur 62 · La bonté · texte numérisé non relu

La bonté

Oui oserait dire que la bonté n’est pas une vertu sacerdotale, et qui oserait prétendre que sans la bonté le Prêtre peut exercer une heureuse influence sur les âmes ?

Si le Prêtre n’est pas plein de bonté, d’aménité et de bienveillance, on ira à lui quand même, mais pour les services nécessaires seulement ; pour le reste, on se tiendra à l’écart, et il ne s’établira pas ces relations cordiales qui sont un des moyens d’action les plus puissants sur les âmes. ’

Si, au contraire, le Prêtre est doux, avenant, aimable, condescendant, paternel, il gagnera les cœurs et attirera les âmes. Par sa bonté, il fera tomber bien des préjugés, il opérera des rapprochements désirables, il finira par avoir raison de

certaines hostilités, et il deviendra autour de lui un trait d^union entre les âmes, un centre sympathique de bons conseils, de paix et de concorde.

La bonté attire par elle-même, mais quand elle se rencontre en quelqu’un d’élevé en dignité et qui semble s’abaisser pour aller aux autres, elle impressionne davantage. On aime à être l’objet de l’attention et de la bonté d’un grand, et le cœur alors s’ouvre tout naturellement à la confiance.

Le Prêtre, placé à la tête de son troupeau, doit exceller en bonté, s’il veut maintenir toutes ses brebis au bercail et les conduire ensuite au ciel.

C’est ce qu’a fait Jésus, le Souverain Prêtre, qui s’est montré si bon et si tendre pour tous, qui a repris sévèrement ses disciples qui Le pressaient de faire descendre le feu du ciel sur les villes coupables S qui proclamait qu’il voulait la miséricorde et non le sacrifice

Au Prêtre à imiter son Maître, et à se prêter avec bonté et condescendance à tous les besoins des âmes. Qu’il use de douceur et d’aménité envers toutes, pour les gagner toutes à Jésus- Christ. Il obtiendra plus par la douceur que par la rigueur ; même s’il est parfois obligé de se montrer sévère, qu’il le fasse avec bonté.

^ Luc, IX, 54. — 2 Mat., ix, i3.

Par cette attitude, il forcera les âmes à comprendre qu’il agit par devoir et non par mouvement de nature.

Afin de mieux pratiquer cette vertu, il est important de s’appliquer à réagir contre toute tendance naturelle contraire. C’est dès le Séminaire que l’aspirant au Sacerdoce doit surveiller ses penchants à l’impatience, à la dureté, à la colère, et les combattre énergiquement. Plus tard dans le ministère, le caractère sombre, susceptible, hautain, capricieux, difficile, inégal, lunatique, sera la cause de grands ennuis et de réelles difficultés, si on ne lui fait pas à temps une guerre sérieuse et constante.

Ayons devant les yeux la sainteté du Sacerdoce et les exemples de notre Maître, et montronsnous bons pour tous comme 11 l’est pour nous.

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