‹ La Vocation SacerdotaleChapitre 57 sur 62 · Par la connaissance et V amour de Jésus · texte numérisé non relu

Par la connaissance et V amour de Jésus

Le Prêtre, à l’exemple de saint Paul, ne doit avoir qu’une science, celle de Jésus, et de cette science faire découler toutes les autres. Il sera assez savant s’il connaît son Maître, car il aura la science de son Sacerdoce étudiée et contemplée dans sa source unique, le souverain Prêtre.

Aucune autre science ne peut remplacer cellelà, et c’est pourquoi le séminariste doit lui accorder la place d’honneur. Il ne lui suffit pas d’apprendre la théologie dogmatique, morale et ascétique, l’Ecriture Sainte, l’histoire, le droit canon, et les sciences qui composent l’arsenal

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des connaissances ecclésiastiques. Il lui faut remonter au principe et trouver en Celui dont la science est la vie éternelle, la raison, Tintelligence, le complément et la fin de toute science humaine.

Lorsque nous parlons de la connaissance de Jésus, nous n'entendons pas une connaissance simplement générale de ses mystères, mais une connaissance approfondie de sa Personne, de ses perfections, de son existence divine et terrestre, de sa vie dans le sein du Père et de sa gloire éternelle dans l'assemblée des anges et des saints. Etude sublime, abîme sans fond, cime plus élevée que les cieux, contemplation suprême, béatitude éternelle !

Le Lévite du sanctuaire doit se passionner pour cette étude. Qu'il devienne docteur en cette matière, qu'il sache discourir sur le tout de tout : omnia et in omnibus Christus ! ^ Qu'il soit rempli de cette doctrine divine et qu'il en fasse la règle et la principale occupation de sa vie, comme son bonheur et l'objet de ses plus saintes ambitions.

Si, au Séminaire, il n'a pas ce zèle de la science de son Maître, il l'acquerra difficilement plus tard. Et s'il ne connaît Jésus, que sait-il? S'il n'étudie pas Jésus dans son Sacerdoce éternel.

1 Col., III, 11.

comment comprendra-t-il son propre Sacerdoce ? S’il ne fait de Jésus, souverain Prêtre, le modèle de sa vie sacerdotale, comment acquerra-t-il les vertus de son état ? Si par Tesprit et le cœur il n’est pas en contact habituel avec l’unique Prêtre et l’unique Victime, comment reproduira-t-il dans sa vie les vertus et les perfections de Celui qui l’a associé à son Sacerdoce et à ses immolations ?.

Non, cette étude, chez un séminariste et chez un Prêtre, n’est pas facultative. Elle s’impose comme une conséquence inévitable de la vocation sacerdotale.

On ne peut être un vrai Prêtre, et être ignorant de son Sacerdoce ; or, tout le Sacerdoce est en Jésus, on ne peut connaître l’un sans l’autre.

Cette connaissance toutefois ne doit pas être seulement une connaissance de raison qui reste dans l’esprit, mais une connaissance amoureuse qui aille jusqu’au cœur.

Connaître Jésus et ne pas L’aimer sont deux termes contradictoires ; l’un appelle l’autre, ils se complètent, ou mieux se confondent l’un dans l’autre.

Pour connaître, l’esprit pénètre dans l’objet connu ; et comment pénétrer en Jésus, connaître ses perfections et son amour, savoir ce qu’il est en Lui-même — la charité — et ce qu’il est

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pour nous — la consommation de Tamour — sans L'aimer ?

Pour aimer, le cœur attire en soi l’objet aimé; et comment posséder le foyer de l’amour éternel, et assister aux manifestations divines que Jésus a promis de faire de Lui-même à l’âme qu’il aime et dont II est aimé, sans en avoir une connaissance lumineuse et amoureuse à la fois?

Plus Jésus est connu, plus II est aimé. Plus un séminariste se consacre à l’étude de son Maître, plus il s’embrase d’amour pour Lui. Plus il pénètre dans les profondeurs du Sacerdoce de Jésus, plus il s’éprend de charité divine pour Celui qui, par l’Onction sacerdotale, en fera un autre Lui-même.

Qu’au sortir du Séminaire le jeune Prêtre soit illuminé de la science de Jésus et rempli de son amour, et il donnera plus que des espérances de sainteté et de fécondité sacerdotales.

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