‹ La voie de la paix interieureChapitre 10 sur 119 · UTILITÉ DE L'ADVERSITÉ · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE L'ADVERSITÉ

une paralysie, une goutte violente, une fièvre maligne, une langueur incurable, un affront insigne. Quel sera l'effet de cette disgrâce? Elle disposera cet homme à la componction par unie douleur mortelle, elle lui donnera du dégoût pour les plaisirs dont il était enchanté, elle lui fera faire des réflexions sur les dérèglements de sa vie , qui lui ont attiré la colère de Dieu, il souffrira que les gens de bien l'abordent, du moins pour le consoler. Comme il cherchera partout des remèdes à son mal, on lui en fera connaître la cause , on le préparera à recevoir les remèdes convenables à la maladie de son âme. Enfin, il se verra heureusement forcé de changer de vie, ou par l'impuissance de persévérer dans le péché , ou par le désir d'arrêter le bras du Tout-Puissant qui s'appesantit sur lui.

Tout cela nous fait assez voir que, de quelque manière que nous vivions, nous devrions toujours recevoir l'adversité avec joie. Si nous sommes bons , l'adversité nous purifie et nous remplit de vertus et de mérites; si nous sommes vicieux, elle nous corrige, elle nous contraint de devenir vertueux. Si dans quelqu'un de nous elle n'a pas cet heureux effet, s'il y a quelqu'un qu'elle ne change pas ou qu'elle rende encore pire, c'est ce cœur endurci qui a raison de s'affliger. Cette résistance inflexible est de toutes les marques de réprobation la plus certaine et la plus visible. Un chrétien qui vit mal, et que Dieu ne châtie point, doit trembler; et, s'il lui reste encore quelque sentiment, il devrait frémir; mais un pécheur que Dieu châtie , et qui ne plie pas sous ses coups, on peut hardiment le ranger parmi les réprouvés, et désespérer de son salut, s'il persévère dans ce fatal endurcissement.

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