RÉSUMÉ
grès en découvrant, à mesure que nous avançons, des plaies auxquelles nous n'avions pas encore songé.
II. Il faut savoir supporter avec une humble patience le triste et dégoûtant spectacle que nous offre cette vue de notre misère, et l'expérience que nous font faire chaque jour de notre faiblesse les fautes qu'elle arrache même aux âmes animées de la meilleure volonté. Il faut, dis-je, souffrir cela sans dépit, sans ce découragement où tombent nécessairement les âmes présomptueuses, qui ont compté sur elles-mêmes , lorsque leur force prétendue vient à leur faire défaut, et tâcher de bien comprendre cette salutaire maxime d'un auteur spirituel, qu'une misère que nous sentons, et qui nous humilie, nous vaut mieux qu'une vertu angélique que nous nous approprierions avec complaisance.
III. Mais ce support n'est point une lâche connivence, qui se résigne à garder ses défauts sans faire aucun effort pour les combattre. Il suppose, au contraire, une lutte généreuse et constante contre eux, qui tend sans cesse à diminuer leur empire; mais qui combat avec prudence, discrétion, humilité, n'attendant du secours que de Dieu et non de ses propres forces. Dans ce combat de toute la vie, chacun doit préférer la soumission aux voies de la Providence sur lui à une ambition présomptueuse qui se fixerait a elle-même et le point de perfection auquel elle prétend arriver et le temps et les moyens à employer pour y parvenir. Il faut se résigner à éprouver dans cette longue lutte bien des vicissitudes, et savoir profiter de ses fautes mêmes selon les desseins de Dieu, qui ne les permet dans ses serviteurs que pour leur avantage.
IV. Dieu commence ordinairement à attirer les âmes à lui par des consolations qui leur rendent la vertu fa cile, et forment en elles une certaine ferveur sensib] qui les aide à vaincre les premières difficultés de h