‹ La voie de la paix interieureChapitre 42 sur 119 · DE LA VOIE SPIRITUELLE · texte numérisé non relu

DE LA VOIE SPIRITUELLE

vertu, à se détacher des plaisirs criminels et dangereux, en leur faisant goûter la douceur du service de Dieu. Cet état est bon, quoique imparfait, et plusieurs âmes n'en sortent jamais entièrement. Pour celles que Dieu veut faire avancer davantage, il a coutume de les en tirer plus ou moins, selon le degré de perfection qu'il leur destine. Alors commence dans ces âmes un travail de dépouillement qui tend à les détacher non seulement des créatures, mais encore des dons mêmes de Dieu, dans lesquels elles prenaient à leur insu un certain appui, par une sorte de propriété incompatible avec la pureté de dégagement à laquelle elles sont appelées. C'est là l'objet des épreuves intérieures diversifiées à l'infini, par lesquelles passent les personnes qui sont appelées à une perfection plus grande que la simple pratique des devoirs de la vie chrétienne.

On peut même dire qu'il en est peu qui n'aient quelque part à cette voie de la Providence divine sur ses élus. C'est ce qu'il faut bien comprendre pour conserver la paix dans ces épreuves, et la confiance au milieu des ténèbres dont on est souvent environné. La docilité à se laisser conduire, l'humilité et l'obéissance font seules la sécurité et la consolation de ces âmes engagées dans les voies de la pure foi, en les maintenant dans une confiance réelle quoique peu sensible.

V. L'âme ne peut se soutenir dans cette voie de pure foi et de dépouillement universel que par un constant renoncement à elle-même; et la pratique de ce renoncement, du moins après les premiers sacrifices qui se rencontrent dans la vie commune des chrétiens, consiste moins encore dans une recherche active de ce qui reste à sacrifier, que dans un abandon en quelque sorte passif à l'action crucifiante de Dieu, qui sait mieux que nous de quelles choses nous avons encore besoin de nous dépouiller, et par quels moyens ce détachement

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