‹ La voie de la paix interieureChapitre 56 sur 119 · PRÉCAUTIONS · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS

s'éloigner des sacrements, il faut bien plutôt y avoir recours plus fréquemment. Le sacrement de Pénitence est établi non seulement pour remettre les péchés que Ton a commis, mais encore pour donner des grâces particulières, qui éloignent de ceux que l'on pourrait encore commettre, qui fortifient contre les passions qui les ont fait commettre. En s'éloignant des sacrements, on se prive de ces grâces spéciales, et l'on devient toujours plus faible. A mesure que l'on s'approche plus fréquemment du sacrement de la réconciliation, on conçoit toujours plus d'horreur pour le péché. Cette horreur, plus souvent réitérée, s'imprime plus fortement, agit plus vivement dans l'âme, et la soutient plus puissamment dans l'occasion. D'ailleurs tous les docteurs conviennent qu'une personne qui a eu le malheur de tomber dans un péché mortel, surtout quand elle y a du penchant, ne doit pas différer longtemps à sortir de cet état, parce que, privée de la grâce sanctiliante, et par là éloignée de Dieu dont elle est devenue l'ennemie, elle est dans un plus grand danger de tomber dans de semblables péchés, si elle est de nouveau attaquée par la tentation. Elle se porte donc un très grand préjudice, quand elle s'éloigne du sacrement de pénitence.

La sainte communion est aussi un puissant moyen pour se soutenir contre les tentations, si l'on s'en ap proche dans de saintes dispositions. On y reçoit Jésus- Christ, le Sauveur de nos âmes. Après s'être donné à nous, peut-on penser qu'il nous refusera les secours qui doivent nous attacher à lui? Il ne vient dans notre cœur que pour l'affermir dans le bien. Le saint concile de Trente, parlant de la divine Eucharistie, dit : Jésus-Christ a voulu que ce sacrement fût reçu comme la nourriture des âmes, t/u'il les eut retint et les fortifiât ,

et comme un antidote, par lequel nous fussions délivrés des fautes journalières, et préservés des péchés mortels. (Sess. 13, chap. 2.) S'il y a un état où l'âme ait un besoin pressant d'un secours particulier qui l'entretienne dans le bien, qui la fortifie contre les ennemis de son salut, qui la préserve des péchés mortels, c'est, sans doute, celui où se trouve l'âme qui est sujette aux tentations. Jamais cette nourriture céleste, cet antidote puissant ne lui est plus nécessaire. Se priver par sa faute """"{l'un si grand bien, établi pour l'effet que l'on désire dans cet état, n'est-ce pas vouloir s'exposer à éprouver toute sa faiblesse? D'ailleurs cette âme qui veut s'approcher saintement des sacrements est occupée de ce grand objet : son cœur, rempli des sentiments de piété qu'il veut y apporter, fait diversion aux tentations qui l'obsèdent, et il est puissamment engagé à ne rien admeltre qui puisse mettre obstacle aux grâces qu'il sollicite sur cet article; pourtant, c'est au confesseur à juger des dispositions ; c'est à lui à prescrire ce que doit faire une âme dans cet état, pour ne pas donner dans l'illusion.

A tous ces moyens de se prémunir contre les tentations auxquelles une âme est exposée, on peut joindre la pénitence. Elle attire des grâces; elle humilie l'esprit; elle amortit les passions; elle expie les péchés, les fautes, les infidélités; elle réveille la ferveur; elle excite la vigilance. On ne doit pourtant pas l'employer sans discrétion et sans discernement. On doit se mortifier, mais jusqu'à un certain point, au delà duquel il y aurait un excès, qui pourrait préjudicier à la santé, que la prudence chrétienne et religieuse ordonne de ménager. On emploie toujours avec succès les pratiques de la pénitence contre la plupart des passions; mais il est des tentations où ces pratiques peuvent être perni-

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