SENSIBILITÉ
tu ne tomberas point; si elle te guide, tu te sauveras sans fatigue. En un mot, si Marie embrasse ta défense tu parviendras sûrement au royaume des bienheureux. Fais ainsi, et tu vivras. »
ARTICLE XIII
Sur la trop grande sensibilité dan* tws peines et nos tentations.
Il y a une trop grande sensibilité qu'on éprouve au dedans de soi, et qu'on ne peut modérer : bien des gem se tourmentent et se chagrinent mal à propos là-dessus, car cette sensibilité ne dépend point de nous. Dieu nous l'a donnée avec notre tempérament pour nous exercer. Il ne veut point nous en délivrer, mais s'en servir, au contraire, pour nous exercer. Entrons donc dans ses desseins. Les tentations nous sont nécessaires; il ne s'agit que de n'y pas succomber. Celles du dedans sont comme celles du dehors : elles tendent toutes à nous mener à la victoire par le combat. Les tentations du dedans sont encore plus utiles, en ce qu'elles servent plus directement à nous humilier par l'expérience de notre corruption intérieure. Celles du dehors ne vont qu'à nous montrer la malignité du monde qui nous environne. Celles du dedans nous font sentir que nous sommes aussi dépravés dans nos inclinations que le monde même. Supportons donc avec une humble confiance et une paix inaltérable nos soulèvements intérieurs et toutes les tentations qui naissent de notre propre fond, aussi bien que les orages qui viennent des autres créatures. Tout vient également de la main de Dieu, qui sait autant se servir de nous que des autres pour nous faire mourir à nous-mêmes.
C'est souvent l'orgueil qui s'inquiète et qui se décourage devoir tant de révoltes opiniâtres au dedans, peu-