‹ La voie publique et son décorChapitre 18 sur 87 · LE VIEUX-PARIS ET CE QUI EN RESTE · texte numérisé non relu

LE VIEUX-PARIS ET CE QUI EN RESTE

Des monuments somptueux, des voies larges et droites, bordées de maisons bien bâties, de vastes places, des parcs et des squares nombreux, tout cet ensemble suffirait, à coup sûr, à constituer la beauté d’une grande ville ; mais il y manquerait quelque chose de très important, le pittoresque, qui est une des formes les plus agréables de l’art qui parle aux yeux.

Le Paris du moyen âge était très pittoresque, peut-être trop, car en ce cas aussi la monotonie devient fatigante; maison est en train de le rendre trop peu pittoresque, et c’est contre quoi protestent si véhémentement les amis du Vieux-Paris. Deux partis se sont formés, aussi irréductibles l’un que l’autre : d’un côté, les ingénieurs et les architectes, qui n’hésitent pas à tout sacrifier aux questions d’alignement, de retranchement, de surélévation (lucrative pour le propriétaire) , de trouées à travers les anciens quartiers, et en cela ils ont avec eux les hygiénistes ; d’un autre côté, les archéologues, qui se lamentent chaque fois qu’un vieux monument, une vieille maison, une vieille rue, présentant quelque aspect curieux, ou amusant surtout parce qu’il est vénérable, est menacé — et ils ont avec eux les poètes, les romanciers, les rêveurs, en un mot tous ceux qui sont épris

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