HÔTEL DE CLISSON
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Photo Le Deley.
HÔTEL DE SENS ET RUE DE l’hÔTEL-DE-VILLE.
(Page 94).
Photo Atget.
d’art. La Commission du Vieux-Paris, si utilement instituée en 1898, est le tribunal des conflits soulevés par ces deux partis. Combien son rôle est difficile! D’essence administrative, elle ne peut qu’émettre des vœux, et bien que ses tendances non cachées soient surtout favorables au camp des archéologues, il lui faut bien se rendre à l’évidence quand l'administration invoque des nécessités d’ordre public ; elle s’efforce de sauver le plus possible des souvenirs du passé et abandonne, tout en gémissant, ce qu’il est impossible de sauvegarder.
Quand on songe, cependant, à la faveur dont jouissent, auprès des touristes, certaines villes de province qui n'y ont d’autre titre que de montrer leurs voies tortueuses et leurs logis en bois, ou quelque pont fortifié du moyen âge, on se persuade que l’un des mérites du Paris actuel est de conserver, enchâssées parmi ses rues et ses maisons modernes, des rues et des maisons d’un autre âge, qui lui laissent, sinon un parfum, au moins une couleur, une physionomie dont les visiteurs sont certainement plus friands que les habitants mêmes. Tout uniformiser, tout américaniser , comme nous le disions plus haut, serait un véritable sacrilège.
Nous n’en sommes pas là heureusement.
Le Vieux-Paris, celui de Philippe-Auguste et de Charles V, est encore représenté aujourd’hui par des îlots entiers de rues, sinon de maisons, dont l’aspect demeure des plus attrayants. Les Guides sont à peu près muets sur ce genre de curiosités, et ils ont tort : aucun étranger ne regrettera l’impression qu'il emporte de cet envers de la grande ville, vu au sortir d’une promenade sur les boulevards ou aux Champs-Élysées.
L’un des îlots les plus importants est celui qui est circonscrit entre les-rues Saint-Martin, de Montmorency, des Haudriettes, des Quatre^Fils, Vieille-du-Temple et de la Verrerie. Là sont
restées debout les plus anciennes maisons de la ville. Il y en a du xve siècle, dans la rue Saint-Merri, et aussi dans la rue de Montmorency, notamment celle qui porte le n° 5 1 , dite maison de Nicolas Flamel, sur laquelle se lit encore une inscription gothique de 1407, récemment restaurée par les soins de l’édilité. Le mieux est d’errer à l’aventure, de s’égarer dans le dédale de ces voies tortueuses, mal odorantes et parfois peu sûres après la tombée de la nuit. Leurs noms mêmes évoquent le moyen âge : les rues de la Verrerie, Saint-Merri, Beaubourg, du Plâtre, de la Bretonnerie, aux Oues (devenue aux Ours), Quiquenpoit (Quincampoix) , Geoffroy-1’ Angevin , Grenier- Saint-Lazare, etc., figurent dans des nomenclatures qui remontent au xive siècle.
Et quoi de plus charmant que les tourelles du vieil hôtel Clisson qui font à la rue de Braque et à la rue des Archives une perspective si inattendue, contrastant si complètement avec le style sévère et majestueux du palais Soubise, dans lequel elles paraissent encastrées! (PI. 21). Ou encore cette jolie tourelle Renaissance, accrochée à la maison qui fait l’angle des rues Vieille-du-Temple et des Francs-Bourgeois (maison improprement dénommée hôtel Barbette), et qui est si bien à sa place dans ce cadre !
De l’autre côté de la rue de Rivoli, un très vieux quartier a subsisté aussi à l’est de l’église Saint-Gervais. Au chevet de cet édifice, suivez la rue de l’Hôtel-de-Ville, dite autrefois de la Mortellerie ; elle conduit à la rue du Figuier, non moins vénérable, et qui aboutit à l’hôteï de Sens, l’un de nos plus précieux souvenirs de l’époque de transition entre le moyen âge et la Renaissance. (PL 22).
Sur la rive gauche, tout le versant nord de la montagne Sainte-Geneviève a également son cachet archaïque Le bou-