‹ La voie publique et son décorChapitre 26 sur 87 · BOULEVARDS · texte numérisé non relu

BOULEVARDS

L’édilité parisienne a eu de fréquentes hésitations dans l’emploi de ce terme, hésitations qui se sont même étendues à sa notation orthographique. Nous avons lu des plaques où le mot se terminait par un t ; plus fréquemment, c’est un d qui en constitue la dernière lettre. Par définition, un boulevard, faisant partie d’un ouvrage de fortification, ne devrait désigner que des voies correspondant au tracé d’enceintes fortifiées ou, par exten-

IIO

sion, d’anciennes limites de la ville. C’est le cas de nos « grands boulevards », voire même des anciens boulevards extérieurs et de la suite des boulevards, aux noms de Maréchaux du premier empire, qui suivent intérieurement les fortifications. Mais l’on s’explique moins aisément cette même dénomination pour désigner le boulevard Saint-Germain, le boulevard Sébastopol, (pl. 32), le boulevard Raspail, le boulevard Arago, etc., sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, nous avons l’avenue de la République, l’avenue Parmentier, l’avenue Trudaine, etc. Et pourquoi, parmi les nombreuses avenues plantées d’arbres qui gravitent autour des Invalides, le boulevard de la Tour-Maubourg se singularise-t-il ainsi ? Est-ce de l’orgueil ou de la modestie ? Nous croirions plutôt que c’est de l’illogisme.

Page 1