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CHAPITRE IV

Porte Saint-Denis. — Porte Saint-Martin. — Arc de triomphe du Carrousel. — Arc de triomphe de l’Étoile. — Barrières de l’enceinte des Fermiers-Généraux ; l’œuvre de Ledoux : rotonde du Parc Monceau, barrière de la Villette, barrière du Trône, barrière d’Enfer.

Il serait vain maintenant de déplorer la disparition des anciennes portes d’enceinte; dès le règne de Louis XIV, elles avaient toutes été abattues comme inutiles et gênantes pour la circulation. C’étaient pourtant des monuments d’une architecture remarquable, dont le caractère défensif n’excluait ni la majesté ni même l’élégance. Au surplus, elles étaient œuvres royales, et par suite, construites comme telles. Sur la rive gauche, les portes datant de Philippe-Auguste étaient constituées par deux grosses tours rondes réunies par un mur dans lequel s’ouvrait une baie ogivale, offrant le passage quand la herse était relevée ; en avant, un pont-levis, suivi d’un pont dormant en pierre, jeté sur le fossé. Sur la rive droite, au contraire, les bâtiments appartenant à l’enceinte de Charles V étaient de forme carrée, flanqués de tourelles rondes en échauguette, et, avec le même appareil de ponts, offraient un développement plus imposant. Lorsque, sous Louis XIII, cette enceinte fut reculée à l’Ouest jusqu’à hauteur de la rue Royale, deux portes tout à fait monumentales furent élevées, la porte Saint-

LE DÉCOR DE LA VOIE PUBLIQUE

Honoré, troisième du nom, et sur le quai, la porte de la Conférence, par l’architecte Pidou. Pas une pierre n’est restée debout de tous ces édifices dont un seul subsistant serait pour la Ville d’un intérêt infiniment précieux. Combien sont hères aujourd'hui Bordeaux, Dijon, Vendôme, Chartres, et bien d’autres, d’en avoir pu conserver quelques-uns !

Porte Saint-Denis. (PI. 42.) — En 1671, les victoires de Louis XIV dans les Flandres et en Hollande donnèrent au prévôt des marchands, Le Pelletier, et aux échevins l’idée d’ériger en hommage à sa gloire — Ludovico Magno — un arc de triomphe digne du héros. Ils décidèrent de remplacer par ce monument, dont le genre était jusque-là inconnu dans la capitale, l’ancienne porte Saint-Denis, du xive siècle, qui s’élevait un peu en deçà, vers le point où la rue d’Aboukir rencontre la rue Saint-Denis.

François Blondel, architecte, mais aussi maréchal de camp et diplomate, fut chargé de dessiner les plans; n’était-ce pas un médecin, Ch. Perrault, qui avait conçu ceux de la Colonnade du Louvre ? Les modèles ne manquaient pas, et Blondel ne se ht pas faute de s’en inspirer. Lui-même le déclare, dans son Cours d'architecture. Il ajoute qu’il a voulu que la décoration sculpturale reproduisît en partie celle « de la Colonne Trajane, des obélisques qui ont été transférés d’Égypte en la ville de Rome, et de ce qui reste de la colonne rostrale que l’on voit encore au Capitole ». Girardon, et après lui Michel Anguier, exécutèrent les sculptures qui recouvrent l’entablement, et quatre pyramides accolées en relief à chaque face des jambages de l’édihce. L’ensemble est incontestablement une belle œuvre; ce qui, à nos yeux, en dépare un peu la majesté, ce sont les petits portillons à baie carrée pratiqués pour le passage des piétons à la base des pieds-droits; leur étriquement les met hors de toute proportion avec la grandeur et la forme de l’arc. La dépense acquit-

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