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STATUE DE MON CE Y, PLACE CLICHY

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Photo Neurdein.

STATUES ET MONUMENTS

duites. Le modelage, la fonte en bronze et son transport exigèrent deux années : l’inauguration, des plus solennelles, eut lieu le 25 août 1818.

Une anecdote authentique et plaisante trouve sa place ici. En 1839, le fondeur de la statue, nommé Mesnel, révéla l’innocente supercherie que lui avait inspirée son fervent culte pour l’Empire. Indigné d’avoir à employer le bronze de la statue de son empereur et de celle de Desaix, il introduisit subrepticement dans la tête, dans le bras de Henri IV et dans le ventre du cheval, divers souvenirs napoléoniens et un procès-verbal, rédigé par lui, — on le retrouva, en effet, — de cette audacieuse action.

A la différence de la statue de Henri IV, le Louis XIV, en bronze — et qui devait être en marbre, commandé à Bosio, — ne rappelle en aucune façon le monument dû à l’adulation de M. de la Feuillade. Le premier représentait le monarque à pied ; celui-ci le montre caracolant sur un cheval fougueux. Seul, l’emplacement de la place des Victoires ne fut pas changé.

L’œuvre de Bosio, dont le talent est indiscutable, appelle une critique dont il est difficile de ne pas reconnaître le bien fondé : on ne peut constater sans sourire l’artifice employé par le statuaire pour donner au cheval, cabré des deux jambes de devant, la stabilité que ne lui assureraient pas suffisamment les deux jambes de derrière. C’est la queue de l’animal, prolongée jusqu’à la plate-forme du piédestal, qui constitue le troisième point d’appui. L’inauguration du monument se fit le 25 août 1822.

En dépit de l’ordre dynastique, la statue de Louis XIII à la place Royale fut la dernière rétablie. (PI. 55) . Elle avait été cependant commandée au sculpteur Dupaty, dès 1818, et le modèle commencé par lui aussitôt; mais le bloc de marbre qu’on avait

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acheté à Carrare n’arriva, par eau qu’à la fin de novembre 1824. Un an après, Dupaty mourait, et c’est son élève et ami Cortot qui acheva l’exécution en marbre, en 1829. On l’inaugura le 4 novembre, jour de la Saint-Charles, fête de Charles X.

Le roi est à cheval, sur un haut piédestal chargé d’inscriptions. Ses traits ont une majesté qui ne correspond pas à l’idée que nous avons de sa physionomie maussade ; le cheval est de belle allure ; malheureusement, un support très disgracieux est placé sous son ventre, bien que les quatre jambes portent sur le piédestal. Il semble bien que ce renfort aurait pu être évité, comme il l’a été pour le Cheval de bronze.

La pensée d’élever au maréchal Ne^ une statue qui fût une réparation à sa mémoire, presque une expiation, appartient au gouvernement de la seconde République, mais l’œuvre ne fut achevée et inaugurée que sous le règne de Napoléon III, le 7 décembre 1 853, trente-huit ans, jour pour jour, après la lugubre exécution militaire de la place de l’Observatoire. (PI. 56) . Legrand artiste Rude avait sollicité l’honneur d’être chargé de l’exécution et l’on fut heureux de la lui confier. Il représenta le vaillant soldat dans l’attitude du chef qui, debout, sabre haut, entraîne ses troupes au combat. C’est un superbe morceau de sculpture. L’emplacement de la statue était exactement celui où Ney avait reçu la mort, sur la contre-allée de gauche de l’avenue de l’Observatoire (le boulevard Saint-Michel n’était pas encore ouvert) . Mais, en 1892, les travaux nécessités par le prolongement du chemin de fer de Sceaux et Limours jusqu’à la rue Gay- Lussac exigèrent le déplacement du monument, qui fut transporté de l’autre côté de la place de l’Observatoire, ce qui le fit changer d’arrondissement, et enleva à la vérité historique une part de sa rigueur.

Ce n’est qu’en 1 863, par délibération du 3o octobre, que le

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Conseil municipal de la Ville de Paris songea à consacrer par un monument la glorieuse résistance opposée, en 1814 aux armées alliées, par le maréchal Moncey devant la barrière de Clichy. (PI. 56.) Un concours fut ouvert, et le modèle présenté par Doublemard agréé. Près de sept ans s’écoulèrent avant que l’œuvre pût être définitivement installée. Elle occupe le centre de la place de Clichy. Le maréchal est debout, brandissant son épée, dans une fière attitude de défense, semblant protéger la Ville qui est figurée sous les traits d’une femme enveloppée dans un drapeau ; de l’autre côté, un polytechnicien gît blessé, s’appuyantcontre un canon. Le piédestal, construit par M. Edmond Guillaume, architecte, est orné de plusieurs bas-reliefs, dont l’un reproduit le célèbre tableau d’Horace Vernet.

En résumé, cinq statues de rois : Philippe-Auguste, saint Louis, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, le Napoléon Ier de la colonne Vendôme, le Molière de la rue de Richelieu, les deux statues de Ney et de Moncey, telles étaient les seules statues, décorant les places parisiennes, qu’ait trouvées la troisième République à son aurore. Elle eut le bon esprit de n’en renverser aucune, mais avec quelle profusion elle en a augmenté le nombre ! Nous le répétons, plus d’une centaine !

A ne considérer que les dates de construction de ces monuments contemporains, le plus ancien est le Charlemagne des frères Louis et Charles Rochet, car il figura aux Expositions de 1867 et de 1878. (PI. 57) . Ses auteurs s’étaient déjà grandement recommandés à l’attention des artistes par leur superbe statue équestre de Guillaume-le-Conquérant, érigée à Falaise, sur la place de la Trinité, en 1 85 1 , et qui est haute de sept mètres. Le succès qu’elle obtint leur avait inspiré le désir d'exécuter un Charlemagne non moins colossal, et ils le réalisèrent. Mais, en matière d’art, le moindre inconvénient des œuvres colossales

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est leur prix de revient et, conséquemment, la difficulté de leur placement. Après l'Exposition de 1878, où l’œuvre avait été mal présentée aux regards, Charles Rochet — son frère Louis, Fauteur principal de la statue était déjà mort — fit proposer au Conseil municipal par ses fondeurs, MM. Thiébaut, l’installation du Charlemagne, à leurs frais , sur une des places publiques de Paris, de préférence la partie méridionale du Parvis Notre-Dame. Le Conseil en délibéra, le 2 5 janvier 187g, et le rapporteur Viollet-le-Duc concluait à l’acceptation de l’offre. Mais la proposition fut vivement combattue par la partie avancée de l’Assemblée municipale : on parla d’hommage rendu au pouvoir absolu ; l'on déclara qu’après s’être vu refuser l’autorisation d’élever une statue à Voltaire, il était inadmissible d’en accepter une de Charlemagne.

La proposition fut rejetée, mais pas pour longtemps. Ce refus par le Conseil d’accepter une œuvre remarquable, offerte dans des conditions aussi avantageuses, avait surpris l’opinion publique, si bien que huit jours plus tard, le Ier février, le Conseil revenait sur sa délibération, et autorisait une exposition provisoire. L’œuvre fut placée sur un piédestal en bois peint, solidement étayé, car elle pèse 1 5 000 kilogrammes, et l’on fut unanime à l’admirer.

En 1896, la Ville se décida à en faire l’acquisition, pour le prix de la fonte, soit une trentaine de mille francs environ. En 1907, la statue faillit être détruite, des malandrins ayant, peut-être par mégarde, mis le feu au piédestal qui leur servait d’abri nocturne. Ce fut l’occasion de reparler de la statue et de suggérer à plusieurs conseillers municipaux l’idée de la revendiquer pour la décoration de leur quartier. Finalement, le maintien sur place fut voté, et au mois d’août 1908, le monument a été installé sur un haut piédestal de pierre, — qui,

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Photo Le Deley.

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