‹ La voie publique et son décorChapitre 55 sur 87 · MONUMENT DE GAMBETTA. STATUE D ALEXANDRE DUMAS PÈRE · texte numérisé non relu

MONUMENT DE GAMBETTA. STATUE D ALEXANDRE DUMAS PÈRE

(Page 175). (Page 176).

STATUES ET MONUMENTS

celui-là, sera incombustible. Plus de quarante années d'incertitudes et de tribulations pour une statue ! Il est vrai qu'on peut en dire à double titre : Tantœ molis erat...

Charlemagne à cheval, tenant le sceptre dressé dans sa main droite, a une attitude pleine de grandeur et de majesté ; à la tête du cheval et semblant le conduire, les deux personnages chers à l’empereur : Roland et Olivier.

La première statue élevée sur une place publique après nos désastres de 1870-1871 fut, en 1874, celle de Jeanne d’Arc, par Frémiet, place des Pyramides, non loin de la porte Saint- Honoré où combattit et fut blessée l'héroïne. Elle fut très appréciée, non sans une légère réserve : on trouvait le cheval un peu bien gros, bien percheron par rapport à la frêle stature de Jeanne. Ce n’était qu’un défaut d’optique dû aux proportions du piédestal, — que depuis, l’éminent sculpteur a de lui-même fait changer. (PI. 57).

Paris possède trois autres statues de Jeanne d’Arc : l’une est placée au point d’intersection des rues Jeanne-d’Arc et Duméril avec le boulevard Saint-Marcel et est due au ciseau de Chatrousse : la Pucelle est figurée debout, en costume de guerre, tenant de la main droite le drapeau de la France; — l’autre se dresse devant la façade de l’église Saint-Augustin, où elle fut érigée en 1900. Elle est l’œuvre de Paul Dubois : Jeanne, revêtue d’une cuirasse et d’une cotte de mailles, chevauche un coursier fougueux ; la troisième est rue de la Chapelle, contre l’église ; c’est une Jeanne d’Arc pédestre de bronze, mais sans valeur.

Le monument de Gambetta, place du Carrousel, face à l’Arc de Triomphe, fut érigé en 1 884 par souscription publique. Aubé en a été le sculpteur et Boileau l’architecte. (PL 58) . Tout le monde, sauf quelques esprits toujours mécontents, qui jugent l’œuvre de

ton un peu funéraire, est d’accord pour admirer ce puissant ensemble, exprimant avec une remarquable vérité les idées de force, d’énergie, de résistance, formulées par Gambetta luimême et gravées sur la stèle : « Français, élevez vos âmes et vos résolutions à la hauteur des périls qui fondent sur la Patrie. Il dépend encore de vous de montrer à l’univers ce qu’est un grand peuple qui ne veut pas périr. » Au-dessous de cette inscription se dresse la figure en pied de l’illustre tribun, qui, abrité sous les plis du drapeau, d’un geste plein de décision, montre, delà main droite la route à suivre à un groupe d’hommes du peuple qui l’entourent, prêts à marcher où il faudra. Détail qui mérite d’être signalé : le statuaire a fort habilement traité le costume bourgeois, redingote et pardessus, de son personnage principal; nulle raideur, nulle gaucherie dans la façon de draper ces vêtements, et d’autres exemples nous montrent combien c’est un art difficile. Tout autour du piédestal, une série de figures de bronze représente des femmes jeunes et des enfants, qui forment au monument une sorte de guirlande gracieuse et riante.

On ne saurait oublier dans cette nomenclature, la belle figure d’ÉnENNE Marcel, par Idrac, inaugurée le 14 juillet 1888 dans le jardin particulier de l’Hôtel de Ville. (PI. 59.)

C’est vers le même temps que fut inaugurée la statue d’ Alexandre Dumas père. (PL 58.) Le grand artiste qu’était Gustave Doré, voulant montrer à la fin de sa vie, que toutes les branches de l’art lui étaient accessibles, tint à en être l’auteur, à titre gracieux. Ce fut, dit-il, sa souscription. Sur un piédestal, un peu trop élevé peut-être, l’auteur des Trois Mousquetaires est représenté en une pose pleine de bonhomie, dans un fauteuil, en costume de travail, l’air heureux et jovial. Les deux faces principales de ce piédestal sont ornées, d’un côté de trois personnages symboliques, et de l’autre, d’un d’Artagnan assis

STATUE d’ÉTIENXE MARCEL ET QUAI DE l'hÔTEL-DE- VILLE.

(Page 176).

09 ld

Page 1