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STATUE DE COLIGNY. STATUE DE PASTEUR, PLACE DE BRETEUIL

STATUES ET MONUMENTS

sur le socle et très joliment campé. L’inauguration eut lieu le 4 novembre 1 883 . Doré ne put malheureusement recueillir les applaudissements que méritait cette dernière manifestation de son talent : il était mort depuis le mois de janvier précédent.

De l’autre côté de la même place Malesherbes, a été inaugurée, le 1 2 juin 1 906, la statue d’ÂLEXANDRE Dumas fils, par René de Saint-Marceaux. Quelques jours avant cette solennité, l’artiste décrivait lui-même son œuvre dans le Figaro. Nous ne saurions être aussi précis que lui :

« La statue représente A. Dumas assis, vêtu de son ample costume de travail. Dominant un socle très simple, autour duquel gravite un groupe de figures aériennes, flot symbolique des émotions féminines, il écoute la rumeur des faibles créatures auxquelles son cœur fut si pitoyable. Il tient le stylet acéré qui nota ses pensées, dont le théâtre devait être le principal agent de propagande. Par la bouche du masque de Thalie, posé à ses pieds, le grand moraliste fit jaillir des vérités nouvelles... Deux jeunes filles se pressent vers le célèbre directeur de conscience. L’une chuchote son secret ; l’autre, messagère fleurie, murmure plus près, dans un soupir, l’espoir de ses quinze ans. Une mère abandonnée avec son enfant demande, en pleurant, aide et protection au défenseur des faibles. Enfin, un dernier personnage féminin, de ses bras étendus, enveloppe ses sœurs dans un large geste de compassion, les unissant, reconnaissantes, auprès de celui qui sut les aimer, les évoquer, les glorifier. » Prochainement, dit-on, la place Malesherbes recevra la décoration d’une troisième statue, celle du général Dumas, père et grand-père des deux célèbres écrivains et glorieux, lui, au titre de la vaillance militaire. On connaît le nom du sculpteur qui s'y applique : M. A. Moncel. Le jour où elle viendra rejoindre les deux autres, la place doit prendre le nom de place des T rois-Dumas.

LE DÉCOR DE LA VOIE PUBLIQUE

Le monument élevé par souscription publique à la mémoire de I’amiral Coligny mérite une mention par l’élégance de son style, fort heureusement imité de celui de la Renaissance, par la noblesse dont sont empreints les traits et l’attitude de l’amiral, par l’excellente allure des deux figures de la Patrie et de la Religion. (PI. 60). L’ensemble fait grand honneur à M. Crauck, sculpteur etàM. Scellier de Gisors, architecte. Cette oeuvre, à vrai dire, n’appartient pas rigoureusement à la voie publique : érigée, en 1889, dans le jardinet l’abside de l’église protestante de l’Oratoire, elle est séparée de la rue de Rivoli par une grille; mais elle ne peut se soustraire ni à la vue ni à l’admiration des innombrables passants qui circulent chaque jour sous lesarcades.

Le 26 juillet 1891, fut inauguré au Ranelagh, en bordure d’une des voies qui traversent cette promenade, le monument de La Fontaine. L’endroit était bien choisi pour honorer la figure charmante de ce poète qui aimait tant la nature et les arbres, alors que ce n’était guère la mode de son temps. Les habitants du XVIe arrondissement firent face à la moitié des frais de la dépense. L’exécution de l’œuvre avait été confiée, pour la sculpture â M. Dumilâtre, et pour la partie architecturale à M. Frantz Jourdain. Ils y réussirent parfaitement. Le motif principal représente le buste du fabuliste, que couvre de ses ailes une Renommée.

La fin du siècle dernier se signale, dans l'histoire de la statuaire parisienne, par le nombre d’hommages rendus à la mémoire de La Fayette et de Washington, les deux héros de l’indépendance des Etats-Unis. Ce fut, le 3 juillet 1900, l’inauguration, place d’Iéna, de la statue de bronze de Washington, œuvre des deux artistes américains David French et Edward Potter, offerte à la France par un groupe de dames de la colonie américaine. Le lendemain, 4 juillet, on saluait, dans le

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