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STATUE ET PLACE VICTOR-HUGO

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Photo Neurdein.

STATUES ET MONUMENTS

square Est de la place du Carrousel, la noble statue équestre de La Fayette, œuvre du sculpteur Paul Bartlett, érigée sur un piédestal à colonnes, du meilleur effet, qu’a dessiné l’architecte Hastings. Ce fut aussi, sur la place des Etats-Unis, le beau groupe en bronze de Bartholdi, offert par les Etats-Unis à la Ville de Paris. Il représente La Fayette et Washington, debout, unis dans une cordiale pression de mains et resserrant l'un contre l’autre les drapeaux des deux nations.

Le monument à la mémoire du représentant du peuple, Baudin, a été inauguré le 22 décembre 1901. Il a pour auteur le sculpteur Boverie, qui a choisi comme thème de son œuvre Baudin debout sur la barricade, au moment où il prononce la phrase célèbre : « Vous allez voir comment on meurt pour vingtcinq francs ! » La statue se dresse au croisement de la rue du Faubourg-Saint-Antoine et de l’avenue Ledru-Rollin, c’est-àdire à quelques mètres de l’endroit, marqué par une plaque commémorative, où Baudin tomba mortellement frappé.

Pour commémorer dignement la gloire de Victor Hugo, il fallait à la fois un grand artiste et une œuvre grandiose. Barrias s’est magnifiquement acquitté de la tâche. Notre glorieux poète est assis au sommet d’un rocher, — celui de l’exil, — dans l’attitude delà méditation (on peut regretter quela ressemblance des traits n’ait pas été très fidèlement obtenue). Au-dessous, quatre figures de femmes semblent vouloir s’élever jusqu’à lui : l’Epopée, la Poésie lyrique, la Poésie dramatique, la Poésie satirique. Les quatre faces inférieures du piédestal portent en bas-reliefs des scènes de diverses œuvres d’Hugo. Le monument, situé place Victor-Hugo, à peu de distance de la maison où le Maître mourut, fut inauguré le 26 février 1902. (PI. 62).

Le monument Pasteur, inauguré le 16 juillet 1904, place de Breteuil, sur l’emplacement de la colonne du puits artésien de

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Grenelle, est la dernière grande œuvre du regretté Falguière, et l’une de ses plus remarquables. (PI. 60). L’illustre chimiste, dont la physionomie est d’une parfaite ressemblance, est assis sur un siège antique, au sommet d’un piédestal (qui, à distance paraît un peu bas, en raison de l’amplitude de l’ensemble) , dont le soubassement est orné presque à profusion de figures en rondebosse et en bas-reliefs : ce sont une jeune femme défaillante, soutenue par une autre femme, et que le virus salutaire va rendre à la vie, — un joug de bœufs sur lesquels s’appuie un jeune pasteur, des groupes d'animaux, chiens, moutons et autres, sur lesquels Pasteur fit ses expériences anti-rabiques, le Temps armé de sa faux, etc. Chacun de ces sujets a été traité avec la plus grande conscience artistique et veut être examiné de près, attentivement.

Il faut le reconnaître : l’éminent statuaire Antonin Mercié a été souvent mieux inspiré qu’il ne le fut dans la conception de sa statue d’ALFRED de Musset, que la libéralité deM. Osiris offrit à la Ville de Paris et qui a été inaugurée, place du Théâtre- Français, le 23 février 1906. On a jugé généralement que l’attitude affaissée et dolente du poète des Nuits était moins celle d’un homme qui pense que d’un homme épuisé, presque mourant. Quant à sa Muse, qui le soutient avec tendresse, son bras droit tendu paraît indiquer une direction, — celle du pharmacien, ont dit les mauvaises langues. L’extrême blancheur du marbre contribue encore à revêtir l’œuvre d’une teinte douloureuse et maladive, et à rappeler, par le voisinage du café de la Régence, les tristes dernières années de Musset. (PL 62).

Les monuments commémoratifs se sont infiniment moins multipliés que les statues. Cela prouve que, malgré tout, le désir de célébrer l’humanité l’emporte sur celui d’exalter les idées. Paris ne possède guère qu’une douzaine de ces témoignages.

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