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LE MONUMENT AUX ARMÉES. PLACE FONTENOY

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STATUES ET MONUMENTS 181

Le plus ancien est la statue de la Loi, par Feuchères, normalement élevée sur la place du Palais-Bourbon, devant la façade de la Chambre des Députés. Elle date de 1 8 5 5 .

Il faut citer ensuite le Lion de Belfort, place Denfert-Rochereau, superbe réduction en bronze du magnifique Lion de Belfort de Bartholdi, qui s’incruste d’une façon si saisissante dans la muraille de la [forteresse de Belfort (PI. 63) ; — le monument de la République, grandiose statue érigée en 1884 sur la place de la République, œuvre des frères Morice pour la sculpture (PI. 61) ; — une autre statue de la République, par Soitoux, placée le 24 février 1880 devant la façade de l'Institut, et peut-être un peu grêle ; — la réplique de la célèbre statue La liberté éclairant le monde, de Bartholdi, qui se voit à l’entrée de la rade de New-York ; la nôtre est située sur le terre-plein du pont de Grenelle, et a le tort de ne pas faire face, comme il conviendrait à la rivière. (PI. 63). Il paraît que le président Carnot, le 4 juillet 1889, se refusa à procéder à une inauguration en bateau, qui eût été nécessaire si la statue avait été placée normalement.

Le morceau le plus magistral qui décore Paris en ce genre de sculpture est le Triomphe de la République, de Dalou, inauguré sur la place de la Nation le 19 novembre 1899, au milieu d’une certaine effervescence, qui ne fut qu’éphémère. (PI 64). Le grand artiste a représenté la République sous les traits d’une femme vêtue d’une robe flottante, les épaules ceintes d’une écharpe. Elle se tient debout, pleine de fierté, sur un globe entouré de fleurs dont le socle est porté sur un char que traînent deux lions et qu’accompagnent ou conduisent des personnages allégoriques.

Derrière l’Ecole Militaire, la place de Fontenoy est ornée d’une pyramide fort simple élevée à la mémoire des soldats français morts au champ d’honneur. (PI. 64) . On ne pouvait

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choisir un meilleur emplacement pour ce monument patriotique. Il a été inauguré le i5 septembre 1889.

Dans le square Violet (XVe arrondissement), il faut mentionner un groupe plein de mouvement : Sauvée, par Hector Lemaire; il représente un de nos braves pompiers tenant dans ses bras la jeune femme encore évanouie qu’il vient d’arracher à la mort.

Le XXe arrondissement possède, aux abords du Père- Lachaise deux groupes allégoriques : l’un, le Déclin, figure deux vieillards, homme et femme, qui, l’air las et épuisé par une vie de travail, sont assis sur un banc, songeurs ; — l’autre monument, place Martin-Nadaud (1907), est la statue du Printemps, sous les traits d’une jeune femme nue debout en équilibre sur une boule.

Parlerons-nous enfin du Penseur de Rodin, installé devant l’entrée principale du Panthéon ? A tout dire, et en dépit du respect qu’inspire le talent du maître, il est difficile d’admirer sans réserve l’espèce d’anthropopithèque qui est assis là, se dévorant le poing droit, et d’y démêler la lueur de pensée et d’intelligence dont l’auteur a fait son thème.

Le Terrassier (sur le « plateau » de la rue Réaumur, en face du n° 79) exalte, tout au contraire, la force physique, sous les traits d’un vigoureux manouvrier, tenant à deux mains la pioche levée qui va s’abattre sur le sol et le fendre.

Nous ne mentionnerons que pour mémoire, car il appartient au jardin des Tuileries, le très beau groupe de Mercié : Quand même, représentant une Alsacienne sur laquelle s'appuie un soldat blessé.

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