‹ La voie publique et son décorChapitre 59 sur 87 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

INSCRIPTIONS COMMÉMORATIVES

Noms d’hommes célèbres donnés aux voies publiques. — Le Comité des Inscriptions parisiennes. — Sa fondation en 1879. — Son œuvre.

La préoccupation d’honorer les hommes célèbres en donnant leur nom aux voies publiques est, aussi, chose relativement récente. De même que pour les statues, le privilège en fut d’abord réservé au seul souverain : Louis XIV autorisa l’ouverture d’une rue Louis-le-Grand ; Louis XV donna son nom à la place de la Concorde; Napoléon Ier toléra qu’il y eût un quai Bonaparte (quai d'Orsay) et une rue Napoléon (rue de la Paix) ; Louis-Philippe, enfin, consentit à ce que les rues de Lappe et d’Alger fussent placées sous son vocable.

Toutefois, certains personnages attachèrent leur nom à des rues ouvertes sur des terrains leur appartenant, — telle la rue d’Aguesseau, — ou percées sous leur administration : àcet égard, le prévôt des marchands, J. -B. de la Michodière, comte d’Hauteville, fut moins modeste, car son nom patronymique et celui de son comté se perpétuent encore aujourd’hui aux angles de deux rues, l’une dans le IP, l’autre dans le Xe arrondissement.

Napoléon Ier tint à glorifier les héros de la Grande Armée morts à l’ennemi, en donnant leur nom à des voies parisiennes : quai Desaix (aujourd’hui quai aux Fleurs), quai de Billy, place

LE DÉCOR DE LA VOIE PUBLIQUE

Mazas, etc. Aujourd'hui, sauf de très rares exceptions, dont Victor Hugo fut la principale, on ne donne plus aux voies publiques des noms de personnes vivantes. Nous soulignons le mot « publiques », car, pour les voies privées , toute liberté reste accordée aux propriétaires.

Enfin, pour multiplier ce genre d’hommages et les rendre plus précis et significatifs, Ferdinand Herold, préfet de la Seine, institua en 1879 une Commission administrative, qui, sous le nom de Comité des Inscriptions parisiennes, fut chargée de préparer, de discuter et d’assurer l’apposition de plaques commémoratives destinées « à rappeler les événements et les hommes dont le souvenir se rattache à l’histoire de la Ville de Paris ».

Depuis lors, ce Comité, composé d’archéologues, d’artistes, de bibliothécaires, d’archivistes, d’érudits, a fait de fort utile besogne, car il a rédigé et fait placer environ 120 plaques, et instruit un nombre au moins égal de propositions qui ont été écartées pour une raison ou pour une autre. Tout le monde les connaît, ces discrètes plaques de marbre blanc, marquées de l’estampille municipale qui les authentique. La plupart signalent au passant la maison natale ou mortuaire d’un homme illustre, ou son emplacement, ou simplement le logis parisien qu’il habita longtemps. D’autres, d’un caractère plus archéologique, rappellent la place d’une ancienne porte de ville, d’un monument disparu, ou retracent sommairement les origines d’un édifice remarquable, encore existant. Elles sont à la fois une source d’instruction et un ornement ; aussi l’exemple de Paris a-t-il été imité en beaucoup de villes.

Nous publions en Annexe (n° IV) la liste de ces inscriptions.

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