SCENE II
MONSIEUR LEDAIM, seul.
Petite pantomime.
M. Ledaim, resté seul, enlève ses gants, doigt par doigt, sur l'air, joué deux fois de suite à l'orchestre : « La Victoire est à nous. » Puis, les pouces chevauchant les entournures du gilet, il promène le long de la rampe son sourire d'heureux coquin auquel nul cœur ne résiste, tandis que l'orchestre joue . le motif « Toutes les femmes sont à nous » de La Chanson de FoRTUNio. Cependant la ]»ien-aimée commence à se faire un peu attendre. M. Ledaim consulte sa mon-
tre. Six heures. Diable î M. Ledaim s'impatiente. Soudain, le doigt au front :
— Une idée ?
Sournoisement, sur la pointe du pied, il va à la porte de la chambre où la dame s'est enfermée, et, l'œil au trou de la serrure, il se met en devoir... do prendre l'apéritif. Ah ! l'admirable spectacle !.. L'orchestre en donne une idée, du rappel d'un motif célèbre de Miss Heliett, puis d'une scie de café-concert bien connu : « Adèle, t'es belle. y> M. Ledaim exprime son enthousiasme, par une mimique vive et animée ; qu'interrompt comme par enchantement le «Hum! » discret d'un monsieur entré depuis une minute, et qui le regarde en souriant.