LA DÉFIANCE DE LÀ VÉRITÉ
22 février 1868.
Peu imporie que la minorité du Corps législatif vote pour ou contre la loi qui n'admet pas que la vérité suffise à la répression de Terreur, à son extinction! Peu importe que cette loi de défiance de la vérité soit adoptée ou rejetée par la majorité I Peu importe que cette loi, en retard d'un siècle et de trois révolutions , après avoir été admise par le Corps législatif, soit repoussée par le Sénat ! L'important ne sera pas le vote de cette loi plagiaire, ramassée dans le sang ^ versé en 1820 par la main de Louvel, et en 1835 par la main de Fieschi. L'important sera le débat éclatant et opiniâtre qu^elle a provoqué, et qui a donné la double mesure de tout le talent dont l'opposition a été prodigue et de tout le talent dont, au contraire, le gouvernement a poussé l'économie jusqu'à la parcimonie presque sordide. Jamais la liberté n'a fait paraître plus grands ses défenseurs et plus petits ses adversaires. C'est à ce point qu'entre M. Pinard et M. Jolibois , il nous a été impossible de distinguer et de re^ connaître M: Rouher, une ample et mâle parole cependant I Comment a*t-il pu se résigner à ce triste rôle de guicbetier de la liberté , lorsque s'offrait à lui un rôle si différent et si séduisant I
Le 19 mars 1866, M. Rouher, ministre d'État, avait porté à la tribune cette solennelle déclaration, acquise aux annales du Corps législatif :
C'est aujourd'hui un aphorisme politique, que les moyens répressifs employés contre la presse par Tautorité judiciaire et le