LES DÉFENSEURS DU RÉGIUE DE
para le décret du -24 novembre 1860 stipulant ce qui suit :
Article 4. — Dans le but de rendre pins prompte et pins complète la reproduction des débats du Sénat et du Corps législatif» le projet de sénatus-consulte suivant sera présenté au Sénat :
a Les comptes rendus du Sénat et du Corps législatif, rédigés » par les secrétaires-rédacteurs placés sous Tautorité du président » de chaque assemblée, sont adressés chaque soir à tous les jour- » naux. En outre, les débats de chaque séance sont reproduits par 9 la sténographie et insérés in extenso dans le journal officiel du » lendemain. »
En effet, à dater du décret du 24 novembre 1860, que signifiait le décret du 17 février 1852? Ce dernier n*avait plus de raison de subsister, car à quoi servait de limiter étroitement la liberté de Técrivain, lorsque le journal avait le droit de reproduire in extenso les discours des orateurs de Topposition, lesquels discours vont bien au delà de tons les articles de journaux, même de ceux qui passent pour audacieux ?
Le projet de loi relatif à la presse , attaqué avec véhémence par MM. deMaupas, de Ségur d*Aguesseau et Brenier, n*est que l'une des conséquences du décret du 24 novembre 1860. La liberté est plus indivisible qu'on ne le croit communément. Étendre une liberté et en restreindre une autre, mettre le droit aux prises avec le privilège, ce n'est pas seulement tomber dans l'inconséquence, c'est tomber plus bas encore, car c'est tomber dans l'impuissance. Toutes les libertés s'enchaînent, même celles qui paraissent avoir le moins d'analogie entre elles. Aussi les gouvernements éclairés n'en marchandent-ils aucune. Entre les supprimer toutes et les donner toutes il n'y a pas de milieu dont la durée soit possible.
Pour que les défenseurs du régime de 1852 fussent dans le vrai, il eût fallu qu'ils attaquassent toutes les modifications essentielles qu'a successivement subies l'œuvre de 1852*
' Est-ce là ce qu'ils ont fait ?
Non.
Aussi, en accusant d'inconséquence Tinitiative impériale, laquelle était logique, car elle ne faisait que persister dans son changement de voie, ont-ils justement mérité Taccusation qu'ils lui adressaient.
Pour ne s'être ainsi aperçus que si tardivement de ce changement de voie, est-ce que les défenseurs du régime de 1852 auraient été plongés dans un sommeil léthargique pendant les huit années qui se sont écoulées du 24 novembre 1860 au 4 mai 1868?
Proposent-ils de revenir sur toutes les modifications constitutionnelles dont nous avons présenté l'énumération trèssommaire ? Si les défenseurs du régime de lS5i n'en font pas crânement la proposition, alors ce qu'ils onf de mieux à faire, c'est de suivre modestement l'exemple que leur a donné M. Ferdinand Barrot et de voter avec<4ui le projet de loi en délibération.
Lé discours de M. Ferdinand Barrot abonde en aveux précieux. Logiquement, il conclut à l'impunité de la presse, mais en reconnaissant la puissance de la presse et en exhortant le gouvernement à mettre cette puissance de son coté. N'est-ce pas ce que le gouvernement a fait le jour où, foulant^aux pieds la légalité, il a, sans loi, au mépris de la loi, exonéré des droits de poste et de timbre le Moniteur (édition du matin) et le Moniteur (édition du soir)? Quel est le journal quotidien qui, payant trente-six francs par an au fisc, peut lutter de tirage contre ces deux éditions, la première coûtant quarantfc francs et la seconde ne coûtant que quinze francs? Quel est le journal quotidien qui approche, ; même de très-loin, d'un tirage qui dépasse deux cent cin-
! quante mille exemplaires ? Si les actes du gouvernement ren-
I contrent plus de sévérité que d'indulgence de la part de
• V Avenir national^ du Courrier français, de la Gazette de