CONSTITUTION PLÉBISCITE. U
e( des résistances ; le plébiscite, c'est le gouvernement réduit àsaplas simple expression et élevé à sa plus haute puissance ; enfin, puisqu'il s'agit ici de mécanisme gouvernemental, le plébiscite, ponr emprunter à la mécanique sou langage, c'est larbre de couche qui met en communication et en mouvement le suffrage universel et le pouvoir national, — - qu^l soit provisoire ou qu'il soit définitif, — ces deux extrémités de Taxe du nouveau monde politique.
Le plébiscite est aux assemblées dites constituantes ce qu'est la force presque illimitée de la vapeur à la force p^etitement limitée du cheval, du bœuf ou de la mule/
Le plébiscite est aux assemblées dites constituantes ce qu'est à la souveraineté qui s'exerce la souveraineté qui se délègue.
Une Constituante, c'est en réalité le vote à deux degrés.
Pourquoi nommer des délégués toujours douteux, lorsqu'on peut agir plus sûrement soi-même?
Pourquoi deux degrés, le second risquant de fausser le premier, lorsqu'un seul ofire plus d'avantages et moins de ^ périls?
Pourquoi enfin une Constituante, lorsqu'il n'y a rien, Texpérience l'atteste, de plus inutile et de moins durable qu'une constitution ?
Toute constitution n'est jamais qu'une complication si on Télnde, et qu'une provocation si on la viole.
Quel est le but de toute constitution? C'est de garantir la jouissance et la conservation de certaines libertés individuelles et publiques.
Pourquoi prendre ce long et périlleux détour? Pourquoi ne paîs aller tout de suite droit au but ? Pourquoi ne pas asseoir en équilibre sur elle-même la liberté une et indivisible, inaliénable et imprescriptible, en supprimant sans hésitation et sans retard tout ce qui serait de nature à la mettre de nouveau en question et en péril?
S'il y a iDGompatibilité d'existence entre le régime de la liberté et le maintien d'une armée absolument inutile à la défense de Tinviolabilité du territoire national et ne servant qu'à ruiner le pays, pourquoi ne pas licencier l'armée, en tenant équitablement compte aux officiers de leur temps de service?
Si rien n*est plus facile et plus simple que de tracer: premièrement, la ligne de séparation et de démarcation entre ce qui constitue le pouvoir individuel ou la Liberté, et le pouvoir indivisible ou l'État; deuxièmement, la ligne de séparation et de démarcation entre ce qui constitue le pouvoir local et le pouvoir central, celui-là rendant impossible toute usurpation de la part de celui-ci , pourquoi ne pas tracer tout de suite ces deux lignes ?
Ce que l'auteur du coup d'État du 2 décembre 1851 a fait, en France, par voie de plébiscite appliqué à un embryon de constitution, pourquoi, en Espagne, les auteurs de la conjuration qui a éclaté à Cadix le 18 septembre 1868, lesquels composent le ministère actuel, ne le feraient-ils pas parle même moyen, appliqué non à un projet d'édifice attendant vainement pendant de longues années son couronnement, mais à l'édifice lui-même, achevé de la base au sommet, de telle sorte que tous et chacun votent en parfaite connaissance de cause ?
Supposons que les ^jefes Ubertadores » aient restreint à ce qu'elles doivent être rationnellement les attributions du pouvoir central ; supposons qu'ils aient donné toutes garanties aux libertés locales (liberté pour les communes et les provinces de s'administrer à leur gré) et aux libertés personnelles (liberté de croire, liberté de parler, liberté de correspondre, liberté d'imprimer, liberté d'enseigner, liberté de ^se réunir, liberté de s'asseoir, etc.) ; supposons que, rendant
à l'Ëtat ce qui appartient à l'Etat, à la commune ce qui appartient à la commune^ au passé et à la dette ce qui appartient