LE RÈGNE DES BAN.^LITÉS
Art. 45. — Le président de la République est élu pour quatre ans, et n*est rééligible qu'après un intervalle de quatre ans.
Art. 46. — Le président est nommé au scrutin secret et à la majorité absolue des volants, par le suffrage direct de tous les électeurs des départements français et de TAIgérie.
Art. 47. — Si aucun des candidats n*a obtenu plus de la moitié des suffrages exprimés, et au moins deux millions de voix, ou si les conditions exigées par Part. 44 ne sont pas remplies, T Assemblée nationale élit le président de la République à la majorité absolue et au scrutin secret parmi les cinq candidats éligibles qui ont obtenu le plu^ de voix.
Art. 48. — Avant d*entrer en fonctions, le président de la République prête, au sein de l'Assemblée nationale, te serment dont la teneur suit : .
En présence de Dieu et devant le peuple français, représenté par l*assemblke nationale, je jure de rester fidele a la république démocratique, une et indivisible, et de reuplir tous les devoirs que M* IMPOSE LA Constitution.
Quelle a été la force de résistance de la Constitution du 4 novembre 1848, de cette œuvre dont la gestation laborieuse avait duré sept mois? Cependant cette œuvre était celle de la souveraineté nationale, car FAssemblée constituante avait été élue par le suffrage universel. Si la souveraineté du peuple est au-dessus de la souver&tneté de la logique, on s*explîque dirGcilement comment la Constitution du 4 novembre 1848, mise le 3 décembre 1851 en balance avec Tépée da président de la République, a pesé si peu, quoique cette Constitution fût protégée à la fois par le serment prescrit parTarticle 4r8 ci-dessus et par Tarticle 110 ci-dessous :
Art. 110. — L* Assemblée nationale confie le dépôt de la présente Constitution et des droits qu*elle consacre à la garde et au patriotisme de tous les Français. ^ »
Maintenant, au tour de M. Garcin, rédacteur de la France :
A moins de la tenir de lui-même et de Timposer despotîquement, l*ingénieur politique devrait recevoir sa mission d'une autorité quelconque, et cette autorité ne serait autre chose que la souveraineté; souveraineté monarchique ou souveraineté populaire, mais souveraineté reconnue et n'ohlenant qu'à ce titre Tassentiment légitime de ceux à qui elle s'adresse.
Ce n'est là, d'ailleurs, qu'une observation préalable, car le tort immense, irrémédiable, de la politique de M. de Girardin, c^est précisément de justifier la dénomination qu'il lui donne : c'est d'être une mécanique.
Une mécanique! comme si la liberté humaine, si radicalement niée en principe, n'étoufferait pas dans cet engrenage que le premier niveleur venu lui imposerait au nom des lois souveraines de la mécanique!
M. de Girardin nous demande comment, avec notre principe de la souveraineté nationale, nous pouvons mettre d'accord le 24 février, le 2 décembre et le 20 novembre. Il ne nous ferait pas une telle question si, avant de nier cette souveraineté, il iie commençait par en concevoir l'idée la plus inexacte. Il suppose, en effet, que la souveraineté nationale est immuable et ne saurait changer ses résolutions.
Mais il en est, sous ce rapport, de la souveraineté sociale comme de la souveraineté individuelle. Est-ce que M. de Girardin, qui est une souveraineté individuelle, ne peut avoir aujourd'hui une volonté différente de celle d'hier? Que répondrait-il à celui qui lui dirait : « Comment, si vous êtes une souveraineté individuelle, pouvez-vous accorder des décisions qui se contredisent? »
Il répondrait fort justement que ce qu'on lui oppose comme un argument contre la liberté en est précisément l'affirmation, et qu'il est de r essence de la souveraineté de ne pas être enchaînée et rivée à ses résolutions.
Les objections de M. Garcin, rédacteur de Isl France, sont de la force de celles de M. Baiidrillart, rédacteur du Constitutionnel, et appartiennent à cet ordre d*idées qui caractérise souverainement ce que j'intitule le règne des banalités.
Que le lecteur soit juge I
Est-ce que la loi électorale en vertu de laquelle, au lendemain d'une révolution victorieuse, une nation est appelée