‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 147 sur 192 · LE REGN£ DES BAMALITES · texte numérisé non relu

LE REGN£ DES BAMALITES

à faire acte de souveraineté n'est pas un mécanisme, qu'il se nomme cens électoral ou suffrage universel? Est-ce que ce mécanisme n'a pas eu pour auteur un ou plusieurs ingénieurs politiques s'appelant membres du gouvernement provisoire ou autrement? Eh bien! leur mission, de qui la tenaient-ils, sinon d'eux-mêmes? Lorsqu'on s'arroge ainsi le droit, et qu'on a le pouvoir de décréter la loi électorale que l'on préfère, pourquoi s'arrêter à mi-cbemin? Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout? Pourquoi ne pas décréter tout de suite l'abrogation de toutes les dispositions arbitraires faisant obstacle à l'exercice et au développement de toutes les libertés individuelles et locales? Ne dîtes pas que c'est de la conscience ! Non ; c'est de l'impuissance. Lorsqu'on a de si grands ou de si petits scrupules, alors on est conséquent : plutôt que de prendre sur soi la responsabilité d'une révolution, plutôt que de renverser un gouvernement, si défectueux qu'il soit, on le subit.

Après cette courte réponse à la première objection de M. Garcin, je passe à la seconde, qui n'est pas plus solide.

Je croyais M. Garcin moins naïf ou... moins républicain.

II est impossible de me faire la partie plus belle et plus facile à gagner.

Tout ce qu'il dit sur le droit qu'a la souveraineté nationale tt de changer de résolutions, de n'y être pas enchaînée » et rivée , di' avoir aujourd'hui une volonté différente de » celle d'hier d , est excellemment dit ; mais, à moins que l'idéal de M. Garcin et du journal la France ne soit la révolution à l'état périodique ou permanent, alors il doit inévitablement conclure contre l'hérédité et la monarchie en faveur de l'élection et de la République ; car ce n'est qu'avec cette forme de gouvernement qu'un peuple qui s'est trompé sur le choix de son délégué suprême peut le changer sans révolution.

La preuve qu'en m'exprimant ainsi j'ai raison, c'est qu'à

moins d'une révolution il serait impossible, en France, à la souveraineté nationale, le voulût-elle, de changer le gouvernement qui est né dans la nuit du 2 décembre 1851. Si M. Garcin sait un autre moyen, qu'il l'indique donc!

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