NOVEMBRE 1867. — NOVEMBRE
19 novembre 1868.
L'année dernière, en novembre 1867, des élections générales avaient lieu en Espagne , et M . Gonzalez Bravo était ministre ; il écrivait ce qui suit dans une circulaire : «
La nation a tout entendu dans une attitude calme et impartiale, et ELLE A RÉPONDU à Texagération révolutionnaire de certaines attaques et à Tindignité honteuse des calomnies en élisant, a une immense majorité, les candidats ministériels. Assurément, rien de plus éloquent que le dédain avec lequel le pays a repoussé les débordements de certains journaux. .
Dans les pays où ne règne pas la liberté, où elle n'est pas efficacement garantie et scrupuleusement respectée, guidezvous donc sur les élections et comptez donc sur elles ! En novembre 1867 une immense majorité électorale adhérait à la politique réactionnaire de M. Gonzalez Bravo, et en novembre 1868 ministère et monarchie, ministre et reine étaient en fuite.
La conséquence à tirer de ce double fait, c'est qu'un gouvernement qui veut connaître sûrement la vérité ne doit interroger que les choses : elles seules ne mentent pas.
L'impôt équitablement établi est-il facilement perçu et judicieusement employé? Le pays est-il prospère? Ses habitants s'enrichissent-ils et s'instruisent-ils? Y a-t-il moins de
. ou VA L'ESPAG.YE? 445
meurtres et moins de vols ? Les voies de communication de toute nature s'étendent -elles?* Les moyens de transport sont-ils plus nombreux, plus rapides, plus sûrs, moins dispendieux? Le taux de Tintérét est-il en baisse et le cours de la rente en hausse, etc., etc., etc.?
ou VA L*ESPAGNE?
30 noTonbra 1868.
A quoi sert donc de voir juste, de prévoir de loin et de prévenir à temps?
Le jour où le brigadier de marine Topete , le maréchal Serrano et le général Prim ont été les maîtres absolus de la situation, ils avaient le choix entre ces deux partis à prendre, que prescrivait la logique :
Ou la continuation, sans solution de continuité, de la monarchie constitutionnelle, avec le prince des Asturies et soit un régent, soit un conseil de i:égence ;
Ou le remplacement de la monarchie constitutionnelle par rétablissement de la République fédérale, la reconnaissance solennelle de tous les fueros provinciaux et de toutes les libertés communales.
Le triumvirat maritime et militaire, révolutionnaire et monarchique, n'a su prendre ni Tune ni l'autre de ces deux déterminations. Il n'a su faire ni un 9 août 1830, ni un 2 décembre 1851; il a glissé impardonnablement dans l'omière du 24 février 1848; comme gouvernement provisoire faisant trop, et comme gouvernement constituant ne faisant pas assez : n'étant nettement ni l'un ni l'autre.
Toujours rincoflséquence conduit à Timpuissance.
Oii va TEspagne?
Nul aujourd'hui ne le saurait dire.
l'impuissance de l'inconséquence.
7 décembre 1868.
La Gazette de France m'interpelle en ces termes à Toccasion de la lettre que j'ai reçue de mon ami Emilio Castelar (1) :
La république fédérale en Espagne est Tidéal de M. de Girardîn. Pourquoi donc ne Fa-t-il pas demandée pour l'Italie? Pourquoi est-il monarchiste en Italie et républicain en Espagne?
Je réponds:
En 1859, prenant la plume contre la fameuse brochure de mon ami le vicomte de la Guéronnière, j'ai combattu à outrance la guerre d'intervention de la France contre l'Autricbe pour l'Italie, prévoyant et annonçant l'invincible résistance que ferait le Pape à toutes les combinaisons, même à celle de la Confédération italienne, dont il lui a été offert d'être le président. Je n'ai cessé de combattre l'unité italienne qu'après qu'elle a été un fait accompli engageant la France, fait accompli qu'elle ne pouvait, qu'elle ne peut plus laisser détruire sans tomber elle-même dans des complications sans nombre et sans fin.
(1) A M. ÉmU de Girarâin:
La révolotion «spagoole n'avortera pas. Noas rétondrons le problème d'allî«r a liberté la pint large qn*i] y ait an monde avec Tordre le pins inviolable. N'en dontei pas !
EiaUO CâSTBLâB. •