‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 160 sur 192 · LA LIBERTÉ PONDÉRÉE · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ PONDÉRÉE

cément des siècles jasqa*aa siècle où il n*a plus été contesté qu*elle toarnât, même par TÉglise, qui avait contraint Galilée i se rétracter à genoux?

Si longtemps on si universellement qu*elle ait prévalu. Terreur ne prouve pas plus contre la vérité que Tombre contre la lumière.

Un temps viendra où, soit par la faiblesse des gouvernements, soit par la force des choses, le progrès des sciences et Finstruction des peuples, tous les pouvoirs usurpés dispa* raîtront , où à la place qu'ils occupaient abusivement il ne restera plus que la liberté pondérée.

Alors ce ne seront plus les princes qui régneront et gouverneront, ce seront les principes.

Ces expressions caduques et antagonistes : aristocratie et démocratie, droit divin et droit populaire, n'auront plus de sens ; il n'y aura plus d'autre droit que le droit de la supériorité attestée par ses œuvres, parce que ce droit de quelques-uns, ce sera l'intérêt de tous, l'enrichissement de tous, l'anoblissement de tous, la gloire de tous I

A ces trois mots, que la violence a discrédités: libertâ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, succéderout ceux-ci, luscrits par la science: liberté, suPÉRiORrrÉ, vérité.

Un très-éminent prédicateur, le R. P. Hyacinthe, a dit dans sa Conférence ayant pour sujet : de la Souveraineté :

Le pouvoir est divin dans sa source, donc il est inviolable ; le pouvoir est humain dans son mandataire, donc il est limité. Telles sont les deux lois de la souveraineté dans les monarchies les plus absolues comme dans les démocraties les plus radicales.

Ces deux propositions se contredisent : si le pouvoir est inviolable, comment et par qui serait-il limité? S'il est limité, comment serait-il inviolable?

Étant admise la divinité : ce qui est divin dans sa source, ce qui est inviolable, ce n'est pas le pouvoir, qui a toujours

été rnsurpation, souvent le meurtre et la spoliation, Tbistoire est là pour l'attester ! c*est la liberté. Aussi tonte atteinte poi4ée à la liberté, qui est le droit, par le pouvoir, qui est le fait, mériterait-elle le nom de sacrilège.

En se plaçant au centre du cercle des idées parcouru par le célèbre prédicateur, et en remontant jusqu'à Thomme avant sa chute, la liberté s'explique, le pouvoir ne Vexpliqne pas. Le pouvoir! mais quelle raison d'être eût-il eu et sur qui se fût-il exercé dans l'empire céleste ? • L'idée du pouvoir est l'idée païenne.

L'idée de la liberté devrait donc être l'idée chrétienne.

En tout cas, c'est l'idée juste, c'est la seule par laquelle le Présent puisse racheter le Passé de tous les excès qui l'ont ensanglanté, et empêcher que l'Avenir ne soit la réaction implacable des peuples contre les princes, du travailleur contre l'oisif, et de la misère contre le patrimoine.

La prétendue liberté réglée, c'est la révolution ; car c'est l'arbitraire dans la société.

La liberté pondérée, c'est la civilisation ; car c'est Tordre dans l'humanité.

La vraie liberté réglée, c'est la liberté pondérée.

Toute liberté autrement réglée, c'est l'arbitraire légal, c'est la révolution expectante.

La liberté sous la loi a pu être la devise du passé ; mais la devise de l'avenir, ce sera : La loi sous la liberté.

Alors ce ne sera plus l'alliance contre nature de ce qui s'exclut; ce sera la séparation rationnelle de tout ce qui est distinct par essence; alors ce ne sera plus l'ordre légal, ce 9era l'ordre social.

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