‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 164 sur 192 · L'AGHÈVEMRXT DES CHEMINS VICINAUX · texte numérisé non relu

L'AGHÈVEMRXT DES CHEMINS VICINAUX

tifier la résolutioD extrême qu'il avait prise, le chef de TÉtat â dit solennellenient : a Je suis sorti de la légalité pour ren- D trer dans le droit. « Voulant, en I8G7, marquer son règne par un grand acte, TEmperenr, en cette occurrence, devait dire à ses ministres : a Sortons du compliqué pour rentrer » dans le simple. Je m*appclle Napoléon; je ne veux pas, je » ne saurais vouloir que Tbistoire ajoute à mon nom ce sur- » nom : Napoléon le Petit, pas même Napoléon le Moyen. » La paix aussi bien que la guerre doit avoir son génie. » Ayons le génie de la paix, puisque la gloire de rendre à » la France son unité géographique, ses limites naturelles » et nécessaires nous a manqué en 1866! Je ne veux pas, » entendez-le bien, que la loi sur Tachèvement des chemins » vicinaux ait le sort de la loi des cent millions sur le » drainage, laquelle n'a abouti à rien. »

Le grand acte, c'eut été de départementaliser et de dé^ eommunaliser les chemins de terre pour les nationaliser tous, ce qui eût eu pour conséquence l'abolition de cette barbare corvée qui se nomme la prestation en nature.

Oui, ce qu'il fallait faire, c'était nationaliser tous les chemins de terre et instituer une direction générale de la voirie publique, -en rajeunissant, au besoin, cet ancien titre porté par Sully : grand voyer de France,

La plupart des communes, on Ta vu, succombent sous le poids de leurs charges ; si les communes n'avaient plus à pourvoir à la dépense de construction et d'entretien des chemins vicinaux, elles ne seraient plus contraintes d'ajourner beaucoup d'améliorations urgentes, impérieusement réclamées par l'égalité de tous devant l'impôt et par la civilisation.

Tout ce qui est souverainement équitable est souverainement populaire. Ce qui eût rendu essentiellement populaire la centralisation dans les mains de l'État de tous les chemins de terre, c'est que cette centralisation eût mis fin à cet

impôt barbare qui a cessé de se nommer la corvée, son vrai nom, pour s'appeler la prestation en nature. Il n'y a qu'un impôt qui soit aussi barbare que celui-là; c'est cette autre prestation en nature qui se nomme le recrutement militaire obligatoire; oui, obligatoire, mais seulement pour quiconque ne possède pas l'argent nécessaire à son rachat, pour quiconque n'a de revenu que le travail de ses muscles, et de capital que sa santé.

En vérité, il semble que la science fiscale s'est proposé cet unique but : u Comment s'y prendre pour faire acquitter l'impôt à ceux qui n'ont pas les moyens de le payer? »

Que l'impôt soit payé en nature ou qu'il soit payé en métal, il n'en retombe pas moins de tout son poids sur le malheureux contribuable qu'il écrase, et qu'au contraire il exonérerait si, au lieu d'être personnel, l'impôt était toujours réel, si au lieu d'être assis sur la personne, il était toujours assis sur la chose et ne portait jamais que sur le net, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs (1).

Lorsque les contribuables reçoivent leur avertissement de payer, que leur importent toutes les distinctions spécieuses entre les sommes s'appliquant, les unes à l'Etat, les autres au département, les dernières à la commune; celles-ci servant à solder les dépenses dites obligatoires, celles-là servant à solder des dépenses dites facultatives, qui ne le sont que de noml La somme par eux à débourser en est-elle moindre ou plus légère?

Non.

Quand donc l'impôt sera-t-il ce que la vérité et l'équité exigeraient qu'il fût, et ce qu'il serait si facile qu'il devînt?

Malheureusement le vent qui souffle sur la France est aux complications et n'est pas aux solutions.

Aussi ne doit-on pas compter sur l'adoption de l'idée simple, qui consisterait : premièrement, à communalisér les dé-

(1) Questions db mon tbhps, ches Michel Lévy, t. XI* L'IMPOT.

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