‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 174 sur 192 · LA VÉRITÉ OUTRAGÉE · texte numérisé non relu

LA VÉRITÉ OUTRAGÉE

sion? Est-ce que la liberté de dire qu^ils avaient eue pleinement le 2 décembre 1848, ils l'avaient conservée, même à demi, le 2 décembre 1851?

Ne réveillez pas le passé qui dort!

Ne demandez pas aux partis opposants une a reconnaissance » qu'ils ne doivent pas à TEmpire, car la liberté qu'ils n'ont plus, c'est lui qui la leur a enlevée!

Les décrets du 24 novembre 1860 et du 19 janvier 1867 appartiennent au même pouvoir discrétionnaire que les décrets de décembre 1851. Si ce pouvoir discrétionnaire a rendu une partie de ce qu'il avait pris, il peut reprendre aa même titre ce qu'il a rendu. A cet égard, aucune garantie n'existe et ne saurait exister.

Croyez-moi, renoncez à de maladroites apologies! Abstenez-vous des récriminations qui appellent les récriminations! Elles sont aussi impolitiques qu'elles sont injustes et sans fondement.

Oui, injustes et sans fondement, car je vous porte le défi de préciser les excès par lesquels la liberté se serait discréditée pendant les trois années qui se sont écoulées du 10 décembre 1848 au 2 décembre 1851 , excès qui, selon vous, auraient nécessité son bannissement.

Ces excès, vous ne les préciserez pas, car ils sont imaginaires! car ils n'ont jamais existé que dans les colonnes des journaux furibonds qui, pendant ces trois années, n'ont impunément cessé de prêcher la guerre civile, de professer le mépris de la Constitution jurée et d'encourager le Président de la République au coup d'État qui a fini par éclater.

Pauvre liberté! qu'avais-tu fait pour être bannie en 1851?

Tu étais restée fidèle au gouvernement de ton choix.

Ta fidélité scrupuleuse à la Constitution du 4 novembre 1848, voilà le seul excès que tu aies commis.

Malgré des sympathies personnelles que je n*ai jamais ni dissimulées ni reniées , il m'est impossible , sous la Constitution de 1852, de séparer l'Empereur de ses ministres et ses ministres de leurs agents, que ceux-ci se nomment préfets, procureurs généraux, procureurs impériaux, commissaires généraux de police ou autrement.

Avant tout , ma plume se doit à la vérité , qui a fait en tout temps le peu de force que j'ai montrée et que j*ai gardée.

Or la vérité exige que je reconnaisse que le gouvernement ^e Sa Majesté Louis-Philippe I*', si décrié par Fauteur des Idéei napoléoniennes, rédacteur du Progrès du Pas-de- Calais, était moins illibéral que le gouvernement de Sa Majesté TEmpereur Napoléon III, et que s'il me fallait opter entre M. Rouber et M. Guizot, l'un et l'autre premiers ministres, ce ne serait pas M. Rouher que je choisirais.

Ayant combattu M. Guizot en 1847, quelle raison auraisje de défendre en 1868 M. Rouher, qui n'a pas plus de talent, assurément, et qui comprend moins bien encore que M. Guizot les impérieuses nécessités de notre temps?

La France n'est pas exclusive*.

Elle ne tient pas essentiellement à être républicaine.

Elle ne tient pas davantage à être monarchique.

Mais ce à quoi elle tient absolument, c'est à être et à. se sentir grande :

Ou grande par le génie , , Ou grande par la liberté.

Le génie où est-il ?

La liberté oti est-elle?

La France , qui vient de voir le Piémont , un petit Etat , grandir et devenir l'Italie, la France qui vient de voir la

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