‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 25 sur 192 · LA DÉCLARATION DU 8 AOUT · texte numérisé non relu

LA DÉCLARATION DU 8 AOUT

afin de donner une preuve de mes vives sympathies pour les popu* lalions de la Champagne, qui sont animées de sentiments si patriotiques.

J*ai constaté avec plaisir, Tannée dernière, les progrès de i*indostrie dans votre département. Je vous engage à continuer, car rien ne menace aujourd'hui la paix de ^Europe.

Ayez confiance dans Tavenir, et n*oubliez pas que Dieu protège la France.

Celte déclaration du 8 août 1868, en flagrante contradiction avec la lettre du 4 novembre 1863, parait dans le Moniteur universel du lundi 10 aoât :

Baisse le jour même de cette déclaration, lorsqu'elle aurait dû être saluée par un franc de hausse.

Baisse le lendemain mardi 1 1 .

Baisse le surlendemain mercredi 12.

■ Quelle erreur était la nôtre lorsqu'au grand scandale de tous les journalistes et à rébahissement du plus grand nombre de nos lecteurs, nous fondions notre théorie de riropunité de la presse sur l'impuissance de la presse!

La presse impuissante! Elle qui, d'un coup de plume, a renversé de son trône le roi Charles X.

La presse impuissante ! Elle qui n'a eu que quelques gouttes d'encre à verser pour noyer la couronne du roi Louis- Pbilippe.

La presse impuissante ! Elle qui n'a en besoin que d'un seul journal pour dicter à cinq millions d'électeurs leur vote du 10 décembre 1848.

La presse impuissante 1 Elle qui vient de prouver sa puissance par la déclaration du 8 août.

Nous appuyant sur la lettre du 4 novembre 1863, adressée par TEmpereur des Français à tous les souverains de l'Europe, n'avons-nous pas démontré jusqu'à l'évidenc^e que, selon son expression, la guerre était « fatale »?

N'avons-nous pas également démontré jusqu'à l'évidence que si la guerre était fatale, la prudence commandait impé-

rieusement de ne pas laisser échapper le moment où les avantages sont encore de notre côté?

N'avons-nous pas démontré non moins évidemment qu*ayant les motifs les plus sérieux, tirés de la situation précaire faite à l'Europe par M. de Bismark, qui a rompu l'ancien équilibre européen sans le remplacer par un équilibre nouveau sur lequel le Congrès européen eût nécessairement prononcé, nous n'avions pas besoin d'attendre, l'arme au bras, que la Prusse nous fournit un prétexte qui ne serait jamais qu'un prétexte, lequel, alors, au lieu de passionner la France et de l'unir, la refroidirait et la diviserait?

EnGn, n'avons-nous pas démontré de la manière la plus claire qu'un état qui n'est ni la paix ni la guerre, qui est « la » dépression universelle, la stagnation générale, la déBance » de l'avenir, le cauchemar de l'incertitude », attestés par le discours du gouverneur de la Banque de France à la tribune du Sénat, ne peut se prolonger indéfiniment sans porter la plus grave atteinte d'abord à l'accroissement de notre population, que cet état condamne à demeurer stationnaire, puis à notre agriculture et à notre industrie, auxquelles il enlève ses bras les plus robustes?

La preuve manifeste et matérielle que lorsque nous érigions en doctrine l'impuissance de la presse démontrée par elle-même, ce n'était de notre part qu'un paradoxe, qu'un tour de polémique, qu'une jonglerie de plume, qu'un jeu d'esprit, c'est qu'il nous a suffi de prendre en mains la défense de l'Unité géographique de la France se reconstituant au môme titre et du même droit que se sont faites d'abord l'Unité géographique de l'Italie, et ensuite l'Unité géographique de l'Allemagne, pour vaincre les irrésolutions de l'héritier du vaincu de Waterloo, et rendre à la France ses frontières naturelles, ses frontières de 1801, devenues ses frontières nécessaires.

0 puissance de la presse !

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