‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 28 sur 192 · QUE DEMANDONS-NOUS · texte numérisé non relu

QUE DEMANDONS-NOUS

18 août 1868.

Noas' demandons que, Tunité militaire de TAUemagne étant faite sous le commandement de la Prusse, le gouvernement prussien ne conserve pas dans ses mains les clefs des forteresses enclavées dont les canons sont tournés contre nous.

Ce que nous demandons est-il exorbitant? Ce que nous demandons est-il insignifiant?

Sur ce dernier point, voici quelle est Topinion de M. Thiers, reprochant au gouvernement du roi Louis XVIII d^avoir commis en 1815 la faute de n*avoir pas pris parti pour le cabinet de Berlin contre TAutriche et les États allemands du second ordre:

Entre la Russie et la Prusse , d*une part , voulant à tout prix la Pologne et la Saxe, et de Taulre TAnglelerre et TAutriciie résolues à les leur refuser, celui des deux partis qui aurait eu la France avec lui était assuré d^acquérir une supériorité tellement décisive qu*on devait tout faire pour Tavoir avec soi , et qu'évidemment on n'aurait pas ménagé les concessions pour y réussir. Les deux puissances les plus portées aux concessions envers la France étaient naturellement la Russie et la Prusse , car leurs intérêts étaient sur la Vistule et TElbe , non sur le Rhin ou T Escaut. Il est donc à peu près certain qu'en nous rangeant de leur côté , nous aurions obtenu de tout autres frontières que celles du traité de Paris. N'euS' sions^nous gagné que la ligne de places fortes demandée par nos négociateurs, que l'avantage eût déjà été grand,,. C'était un vrai malheur d'arriver à Vienne en portant au cou la chaîne du traité de Paris. Pourtant le mal n'était pas sans remède, et il. restait des moyens de profiter de la nouvelle situation. Tout annonçait en effet que le conflit serait des plus vifs , car la Russie et la Prusse semblaient prêtes à se porter aux dernières extrémités pour avoir la Pologne et la Saxe. Or si les choses étaient poussées jusqu'à nouer

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