‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 33 sur 192 · LES FAUTES SUCCESSIVES · texte numérisé non relu

LES FAUTES SUCCESSIVES

83 août 1868.

Il nes'agit ici ni de Tintervention italienne de 1859, faite en sens contraire de Texpédition romaine de 1849; ni de la funeste occupation du Mexique, après le refus de signer le traité qu'ont exécuté l'Angleterre et TEspagne, nos deux associées; ni de la malheureuse campagne diplomatique de M. Drouyn de Lhuys contre le prince Gortschakoff en faveur de l'insurrection polonaise : il s'agit uniquement et exclusi* vement des événements qui ont abouti en 1866 au renversement de la Confédération germanique et à l'unité militaire de l'Allemagne,. alignée sous le commandement absolu du roi de Prusse.

La première faute commise a été, — puisqu'à cette époque la France n'était pas prête à intervenir les armes à la main, -- la première faute commise a été de ne pas empêcher la guerre de s'allumer. Pour cela il suffisait de dire à l'Au- Iriche et à la Prusse : » La première de vous deux qui attaquera l'autre me trouvera immédiatement du côté de la

pui^ance attaquée. » C'est le conseil que nous donnions le 28 avril 1866, dans un article intitulé : La situation.

La seconde faute commise a été, — le gouvernement français n'ayant pas fait la déclaration ci-dessus,,-^ de ne pas conclure Talliance que nous conseillions le 22 mai 1868, dans Varticle ayant pour titre : Trois contre un.

La troisième faute commise aurait été, le 4 juillet 1866, — le jour où est arrivée à Paris la nouvelle de la victoire décisive remportée sur les Autrichiens par les Prussiens, — de n'avoir pas donné immédiatement Tordre à un corps d'armée français d'aller, au nom de l'Europe, et à titre de gage, occuper Mayence et toutes les autres forteresses fédérales, si le gouvernement français avait eu alors, ce qu'il est maintenant avéré qu'il n'avait pas, les forces militaires disponibles, n'eussent-elles été que de 50,000 hommes.

La quatrième faute commise, — le gouvernement français n'ayant pas été en mesure d'accomplir, en juillet 1866, ce grand acte de virilité nationale qui se fût consommé sans risque et sans péril, — la quatrième faute commise a été de ne pas faire tout de suite bon visage à mauvais jeu, de ne pas faire tout de suite cause commune avec l'Italie et la Prusse victorieuses en nouant immédiatement la triple al- liance qui eût constitué la France, Tltaïle et la Prusse *les arbitres souverains et les gardiens inviolables de la paix européenne; car la France, Tltalie et la Prusse eussent formé une masse inattaqujable de cent millions d'habitants (1). Nous hâtant de prendre les devants sur la circulaire du 16 septembre 1866, signée par M. le marquis de Lavalette, en qualité de ministre des affaires étrangères par

(1) France. '. 38,000,000 d'habiUnts.

Italie 25,000,000 —

Prusse 37,000,000 —

ToUL 100,000«000 —

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