LA SÉRÉNITÉ
leores : alors, que vos actes servent de caution à vos pa* rôles ! imitez Texemple que vous ont donné les États-Unis après une guerre à outrance qui a duré quatre ans ! Quel est le chiffre actuel de Tannée américaine? — 45,000 hommes, exclusivement demandés à l'enrôlement volontaire. Entre le licenciement de l*armée en France, comme en Amérique, et le rappel sous les drapeaux de tous les Français aguerris et de tous les volontaires fermement,déterminés à conserver à leur pays le rang qu'il occupait en Europe parmi les grandes puissances, il n'y a plus de place pour la politique mixte de la paix armée, cette politique bâtarde, qui n'est ni la paix ni la guerre, qui est l'ingé* renée et qui n'est pas la conquête, qui au dedans est Timpuissance et l'indigence!... Oui, l'indigence! car lorsqu'il s'agit de placer l'enseignement public sur la même ligne que la justice et les cultes, l'argent vous manque. Oui, l'indigence I car lorsqu'il s'agit de terminer vos chemins de terre, vos chemins d*ean, vos chemins de fer, d'élargir et de creuser vos ports trop étroits et pas assez profonds, Targent vous manque. Oui, l'indigence ! car lorsqu'il s'agit de tenir les promesses solennelles de 1860, faites à l'industrie nationale prise au dépourvu et appelée brusquement sous les drapeaux et sur le champ de bataille du libre échange, à combattre l'industrie britannique, douée de tous les avantages que lui donnent le combustible à bon marché et les transports à bas prix, l'argent vous manque. Oui, l'indigence ! car lorsqu'il serait' nécessaire de réformer radicalement votre système fiscal, qui, faisant obstacle à la consommation y fait conséqueniment obstacle au travail, l'argent vous manque. Le nier vous serait impossible, puisque c'est vous-même qui l'avez déclaré mille fois à cette tribune. Reconnaissez donc que, sous peine du déclin de la France^ vous n'avez le choix qu'entre ces deux voies, dans lesquelles le pays tout entier est également prêt à vous
suivre résolâment. Il ne vous demande que de venir déclarer hautement ici pour laquelle vous optez I »
Ce langage n'est pas celui qui a été tenu.
A M. Jules Favre, qui avait pris la parole pour combattre la clôture de la discussion générale, qu'a répondu Iff. le ministre d'État? Il a répondu que la loi présentée n'avait pas^été dictée par a des préoccupations politiques » , et que le Corps législatif n'avait qu'à la voter avec « la séréfdié qu'elle comporte » .
Appliqué à une loi qui va exiger cent mille hommes par an et neuf ans de service, au lieu de 80,000 hommes et sept ans de service que demandaient la Monarchie A% 1830 et la République de 1848, au lieu de 40,000 hommes et de sept ans de service qui suffirent à la Restauration de 1815 à 1824, époque à laquelle le contingent fut élevé de 40 à 60,000 hommes, a sérénité n est un mot qui restera.
LÀ POLITIQUE d'ingérence UNIVERSELLE.
M. Glais-Bizoin a caractérisé la loi avec son esprit incisif; il a dit d'elle : a C'est la carte à payer des dix-huit ans de règne du gouvernement personnel, m Le mot est plus mordant que juste* Ce n'est pas le gouvernement personnel qui a inventé la paix armée et la politique d'ingérence. Elles existaient avant lui; mais de ce qu'elles remontent plus loin que 1852, elles n'en sont pas meilleures.
Ce qu'il faudrait, ce serait prendre un grand parti! Ce serait tailler dans le vif I Ce serait remonter de l'effet à la cause.