LE CÉLIBAT FORGÉ. Î
hommes. (Très-bien I très-bien I) J*ai donc à vous démontrer la nécessité du chiffre de 800,000 hommes, v
Tels sont les termes sous la pression desquels M. Rouher a emporté le vote des neuf années de service, contre lequel le Corps législatif a réagi le lendemain en votant', à Timmense majorité de 237 votants contre 11, la prise en considération de ramendement de la commission, quoique M. le maréchal \iel Tait combattu avec autant d'ardeur qu'il en a déployé aux sièges de Constantine en 1837, de Rome en 1849, de Boinarsund et de Sébastopol en 1854 et 1855.
Que proposait la commission?
Qu'exigeait le gouvernement?
La coupure du siervice militaire ayant été divisée en cinq années passées sous les drapeaux et quatre années passées dans la réserve , le gouvernement interdisait aux militaires de la réserve la faculté de se marier sans autorisation pendant les deux premières années de leur retour au foyer, aux champs ou à l'atelier.
La commission insistait pour qu'ils eussent la faculté de se marier à l'expiration de la première année.
Conséquences :
Dans le projet du gouvernement, sept années et demie de célibat prescrit par la loi. ,
Dans l'amendement de la commission, six années et demie seulement.
Neuf années de service et six années et demie seulement de célibat : — tel est le système qui a prévalu , à titre de compensation.
Mauvais système!
L'idée de la réserve est une idée fausse.
C'est l'idée fixe de tous les esprits superficiels désirant une armée qui soit très-forte et qui coâte très-peu, ce qui est aussi souhaitable, mais tout aussi peu réalisable que le blé cher et le pain à bon marché. Peuple et armée sont deui
mots qui représentent deax forces : pied de paix et pied de guerre^ ou armée active et réserve armée, ou, plus brièvement, armée et réserve, sont des mots qui ne signifiant rien, s'ils ne signifient mauvaise armée en temps de paix, détestable armée en temps de guerre. Faire passer une armée du pied de guerre au pied.de paix est une économie de la nature de celle qui consisterait à mettre à la diète un ouvrier en bonne santé ayant besoin de la plénitude de ses forces. Serait-ce de Téconomie? Les armées les plus nombreuses sont les plus coûteuses sans être les plus fortes; ce sont les plus difficiles à faire mouvoir, et celles qui exigent impérieusement d'avoir les plus grands capitaines : ce sont donc les moins sûres. Etant admis, ce que nous n'admettons pas, la nécessité d'avoir une armée perpétuelle, la meilleure armée permanente est celle qui, en temps de paix, est une carrière ouverte à ceux qui naissent avec la vocation militaire, et qui, en cas de guerre, ne fait marcher que des hommes bien choisis, bien instruits, bien disciplinés, bien nourris, bien armés, bien payés, robustes et résolus, ne redoutant pas plus la fatigue que le péril. On a vu souvent mille soldats aguerris en valoir dix mille qui ne l'étaient pas ; cependant ceux-ci avaient coûté, en armes, en munitions de guerre, en habillement, en chaussure, en entretien, en nourriture, dix fois plus que ceux-là, indépendamment du surcroît de frais d'hôpitaux et du grave iticonvénient de ralentissement des marches. Voilà ce que nous a enseigné le général comte Alexandre de Girardin, qui avait fait de l'organisation de l'armée l'étude de toute sa vie; voilà les préceptes qu'il nous a légués, préceptes tirés d'une longue expérience, et qui ne sont jamais sortis de notre mémoire, où ils demeurent pieusement gravés au-dessus de son nom. Si ces principes sont vrais, et ils le sont, la loi du 21 mars 1832, avant qu'elle eût été faussée, était incomparablement meilleure que la loi nouvelle <