LA LIBERTÉ ET L'ÉGALITÉ
La discussion de la loi des neuf années de prestation militaire suit son cours d'explications, qui démontrent de plus en pins clairement jusqu'où l'arbitraire peut aller et va forcément dans une loi qui n'est l'expression d'aucun principe.
sas LA LOI DES NEUF ANNÉES DE SERVICE.
A peine a*t-elle admis quelque chose qui ressemble à une règle» qu'aussitôt cette loi confuse et diffuse se hâte d*ou«vrir à deux battants la porte de Texception, c'est-à-dire de l'arbitraire.
Il existe un lieu commun qui consiste à répéter inconsidérément : « L'exception confirme la règle. » Ce lieu commun est un mensonge. L'exception détruit la règle et ne la confirme pas.
La loi militaire qui va être votée ne sera ni le service obligatoire comme en Prusse, ni lé service volontaire comme en Angleterre ; ce ne sera ni l'égalité ni la liberté.
Était-il donc impossible de les respecter scrupuleusement l'une et l'antre, en faisant à cbacnne des deux sa part?
Nous persistons à penser que cela n'était pas absolument impossible, et que les deux régimes, le régime prussien et le régime anglais, pouvaient, ainsi qu'il suit, coexister et fonctionner parallèlement :
Liberté par la constitution d'une armée normale se recrutant, comme en 1818, et comme en Angleterre, par l'enrôlement volontaire ;
Égalité par la constitution d'une armée éventuelle^ se composant des Français valides âgés de vingt ans, déclarés TOUS débiteurs envers le drapeau français d'uNE année de leur vie, chacun d'eux ayant, à son choix, de 16 à 25 ans, conséquemment neuf ans de délai, pour s'acquitter de sa dette, mais chacun devant s'acquitter personnellement, sans exception, sans tirage au sort, sans exonération militaire.
En cas de guerre défensive, les Français en état de porter les armes eussent ainsi TOUS su les manier, puisque TOUS sans exception l'eussent appris.
La profession militaire fât restée libre, et la dette corporelle eût été intégralement payée.
Si Ton eût dit qu'une année d'apprentissage militaire pour une iirmée éventuelle c'était trop peu, à cette objection il