‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 66 sur 192 · LA LIBERTÉ ET L'ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ ET L'ÉGALITÉ

eût été répondu par cette opinion, souvent citée, d'an colonel, le colonel d'Artois, et devenue aujourd'hui plus vraie par suite des perfectionnements du fusil :

U est reconnu que tout homme ayant passé un an sous les drapeaox a appris, en fait d'exercices, à peu près tout ce qu*ii doit savoir.

Le maréchal Bogeaud allait moins loin que le colonel d'Artois ; il disait :

Les trois premières années suffiront même et au delà à Téducation do soldat si on ^eut simplifier les exercices mécaniques , renoncer à ceUe excessive régularité du maniement d^armes, au pas ordinaire, aux feux réglés et à plusieurs autres choses inutiles à la guerre, pour s^attacfaer aux choses pratiques, lesquelles sont bien rarement enseignées dans nos régiments.

Mais lorsque le maréchal Bugeaud s'exprimait ainsi, ce qa*il avait en vue ce n'était pas, répétons-le, une armée purement éventuelle, n'étant, en réalité, qu'une réserve, mais une armée jeune, conséquemment ardente et vaillante , et surtout nne armée imposante par sa masse.

Répondant à M. Rouher, ministre d'État, U. Emile Ollivier a côtoyé l'idée qui vient d'être sommairement énoncée. Il admet et il n'admet pas le remplacement militaire. Le critérium Ae M. OUivier, c'est la durée. U admet le remplacement militaire lorsque la durée du service est longue ; il n'admet pas le remplacement militaire lorsque la durée du service est courte. Il admet le remplacement militaire dans . Tarmëe active, il n'admet pas le remplacement militaire dans la garde nationale mobile .

Si l'enrôlement volontaire était ce qn'il devrait être, et ce qu'il serait si facile en France qu'il fut, le remplacement militaire qualifié de a traite des blancs » n'existerait plus, n'aurait plus de raison d'exister. V armée normale deviendrait la profession de cette multitude de jeunes gens sans vocation déterminée, qui sont pour leur famille un poids

souvent très-lourd à porter, sujet d'anxiété, presque un fléau, tandis que Yarmée éventuelle accomplirait cette œuvre de fusion que M. Emile OUivier a très-justement et trèsheureusement caractérisée en l'appelant école d'égalité.

Cette fusion désirable, Tannée de service la hâterait sans désorganiser aucune profession ; tandis que cette fusion désirable, le remplacement militaire la retarde et Fempôcbe, puisqu'il a suffi jusqu'à ce jour de pouvoir payer une somme qui a varié de quinze cents francs à trois mille francs pour se racheter de la prestation en nature se nommant faussement le service obligatoire.

Obligatoire pour les pauvres! — Oui.

Obligatoire pour les riches ! — Non.

Est-ce vrai ?

La loi nouvelle marquera-t-elle un progrès dans notre législation?

Nous ne le pensons pas ; mais nous pensons qu'il en eût été autrement si, au lieu d'être mise à Tétude dans des commissions spéciales, cette loi avait été mise au concours il y a dix-huit mois.

Alors toutes les tètes fussent entrées en fermentation, toutes les idées eussent fructifié, tous les projets se fussent fait jour; entre tous ces projets le gouvernement n'eût eu qu'à choisir celui qui lui eût paru le meilleur, et qu'à le déposer sur la tribune du Corps législatif.

— Mettre les lois au concours! quelle folle proposition! Est-ce que cela s'est jamais fait? Qu'en penserait-on?

C'est vrai, nous avions oublié la Routine, dont la. France est la patrie, la Routine, ainsi décrite par l'Universitaire de Ham:

Non-seulement la routine conserve scrupuleusement comme on dépôt sacré les vieilles erreurs, mais elle s'oppose encore de toutes ses forces aux améliorations les plus Jégilimes et les plus éviden-

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