LA LETTRE D'UV CHERCHEUR
ardente et passionnée , des affaires, des actes, des principes du goavernement « ; ce quMl redoute pour la liberté de la presse et sa dignité, c*est le péril quMl décrit en ces termes :
C*est Tattaque contre les personnes, ce sont les diffamations, les injures, Fiaimixtion malveillante dans tons les faits de la vie privée, enGn de la violation du foyer domestique : toutes ces choses qui n*ont rien à faire avec la liberté politique, mais qui ne manquent jamais, quand la loi est impuissante à les prévenir, de soulever la conscience publique contre la presse, au grand détriment de la presse et de la liberté.
Le moyen héroïque qu*il propose, c*est d^împoser au ministère public le devoir de poursuivre d'office la calomnie, la diffamation, Finjure, comme déjà le parquet poursuit le meurtre, le ¥ol, Tescroquerie, sans que pour agir il ait besoin d'être préalablement armé de la plainte da calomnié, du diffamé, de Tinjurié.
Au point de vue personnel où nous placent ce quMl nous sera permis d'appeler nos doctrines en matière de presse périodique, doctrines qui sont le fruit de trente années d'expérience et d'étude, nous avons mieux à faire que de nous arrêtera débattre la valeur de ce moyen et son efficacité ; il serait adopté, que personnellement nous n'aurions pas contre son adoption plus d'objections que contre les autres dispositions répressives des lois existantes en matière de presse. Selon nous et preuves en mains, il n'est pas une seule de ces dispositions, les plus rigoureuses comme les plus ingé-^ nieuses, qui ait jamais atteint son but; il n'en est pas une seule qui, dans l'exécution, n'ait trahi l'espoir mis en elle, lûéme la censure.
Laissons donc à l'écart le moyen proposé, et renfermons- Bons exclusivement dans l'examen des dangers et des excès dont s'effraye à tort l'imagination ardente du signataire de la lettre du 17 janvier.
Sa crainte est celle-ci :
Dès que la suppression de Taulorisalion préalable et du droit d*averlissement aura été prononcée par la loi, une foule de journaux vont se créer sur tous les points du territoire et se mettre en concurrence avec la presse actuelle. Pour la dépouiller de sa légitime influence et pour chercher à s^emparer de sa clientèle, ces feuilles naissantes, sans crédit, sans autorité, n*auront, pour la plupart, d'autre procédé industriel que d'exploiter par des scandales de tout genre la curiosité des lecteurs, et, grâce aux facilités de la législation, qUcs pourront le faire presque impunément. La .malignité publique se laissera d'abord séduire par la nouveauté du spectacle; mais, avec le temps, le dégoût se faisant sentir et la réaction se produisant dans les esprits, l'opinion ne manquera pas de prendre en horreur les abus de la presse. Puis, comme nous passons toujours en France d^un extrême à l'autre, il arrivera fatalement que, confondant bientôt dans sa répi^obation la presse sérieuse et utile avec la presse scandaleuse et nuisible, le paysdemandera et imposera, encore une fois, aux pouvoirs publics des mesures violentes contre la presse tout entière.
Que le chercheur dont nous avons publié la lettre tout entière se rassure !
Avant Tinvention du régime des avertissements et le retour à Tobligation de Fautorisation préalable, est-ce que la presse qui vit de scandales, de calomnies, de difiamations, d'injures; est-ce que la presse pour laquelle la vie privée n'a pas de murs , comptait plus d'organes que sous le régime mensongèrement protecteur de février 1852? Reportez-vous de 1830 à 1851, est-ce qu'au contraire elle n'en comptait pas moins? En Angleterre, en Belgique, en Italie, en Suisse, dans touà les États d'Europe où les journaux ne sont pas assujettis à l'obligation de l'autorisation préalable et ne sont pas retenus par la crainte des avertissements , est-ce que la basse presse y pullule?
Mais supposons l'opposé de la vérité ; supposons que la crainte de l'inventeur du régime des avertissements soit fondée, alors qu'il nous permette de le lui dire, le décret du 17 février 1852 a été bien inconsidéré, car il a visé et frappé la presse que de préférence il aurart dû épargner, et a épar-