‹ La voix dans le désert; questions de l'année 1868Chapitre 82 sur 192 · LA LETTRE D'UN CHERCHEUR · texte numérisé non relu

LA LETTRE D'UN CHERCHEUR

gné la presse qoe de préférence, le régime répressif aâmis, il aurait du viser et frapper.

La presse « qui attaque les personnes, quiles diffame, qui les injurie, qui s*immisce avec malveillance dans les faits de la vie privée, qui viole le foyer domestique » , est-ce la presse qui a besoin pour se fonder de plusieurs centaines de mille fraDcs? Est-ce la presse qui paye 80 à 100,000 fr. par an àe composition ? Est-ce la presse qui a besoin pour aligner ses dépenses avec ses recettes d*un revenu annuel et net ie 300,000 francs au moins d'annonces ?^ Non, assurément.

Cependant, c'est cette presse que le décret du 17 février tt52 a soumise à Fautorisation préalable, au cautionne* fient, aux avertissements, à la suspension et à la suppreslion administratives et aii timbre, tandis qu'il ne soumettait à Tautorisation préalable, ni au cautionnement, ni aux rtissements, ni à la suspension et à la suppression admiatives , la presse dite littéraire. L'inégalité à l'égard de dernière est allée jusqu'à l'exempter du timbre, par t en date du 28 mars 1852.

mment la presse privilégiée, comment la presse exo«

de l'autorisation préalable, du cautionnement et du

, n'ayant à craindre ni avertissements, ni suspension, ni

ssion, a-t-elle justifié l'exception dont elle était l'objet?

Je sait, et chaque jour on le voit.

développement que cette presse a pris sous le second

, c'est aux décrets des 17 février et 28 mars 1852

st dû.

e développement est regrettable, s'il est un mal, s'il a

é sur les esprits une influence pernicieuse, s'il est vrai

soit pour les familles dont il divulgue les secrets et

r les artistes qu'il rançonne un sujet de trouble et d'ef-

i, que les auteurs du régime actuel de la presse en France

e s'en prennent qu'à eux et en fassent leur mea culpa!

ni ti sa

Em quel

266 LA LOI DU il MAI 1868.

Ce développement est leur œuvre; il est le fruit du privilège, de Farbitraire, de Texceplion, de Tinégalité, de Tinconséqoence; ce développement, la loi nouvelle qui supprime Fautorisation préalable le ralentira peut-être, mais certainement-elle ne Taugmentera. pas. Comment ferait-elle pour Faugmenter? Toutes les places sont prises, toutes sont occupées, et au delà. Grâce à la protection inconsidérée dont elle a joui depuis 1852, et que ne lui retire pas la loi nouvelle, laquelle continue de creuser sans relâche et sans fin la même ornière, la presse irrégulière n*a pas un seul vide à remplir.

Cette presse irrégulière, cette presse illégitime , celte presse qui est Fexception et qui n*est pas la liberté, il n'y avait qu'un moyen, un seul, de Fatteindre sûrement. Mais ce moyen ce n'est pas celui que M. de Persigny a indiqué, et contre Fapplication duquel il serait le premier à reculer s'il était de nouveau appelé à tenir dans ses mains les destinées de la presse.

En eflet, comment le ministère public s'y prendrait-il pour poursuivre, et comment, par exemple, la magistrature s'y prendrait-elle pour condamner tel article infâme qui a paru dans un journal exempt de Fautorisation préalable, exempt du cautionnement, exempt du timbre, article qui est venu fournir un témoignage de plus à notre volumineux dossier? Est-ce qu'il est possible de poursuivre et de punir Féquivoque? Est-ce que les subtilités de Fart de dire ne sont pas infinies? Est-ce que la chose qui sous telle forme tomberait sous les coups de la loi pénale, ne lui échapperait pas sons telle autre forme ? Si Farticulation a des dangers, est-ce que Finsinuation en a moins? Est-ce que la perfidie encoaragée n'est pas pire que la grossièreté réprimée ?

Dans sa lettre, où il cherche la vérité, M. de Persigny a passé à côté d'elle sans la reconnaître. Dans cette lettre il y a ce passage que nous transcrivons :

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